30 ans aux urgences, elle croit plus que jamais en la bonté humaine
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- 21 août
- 2 min de lecture
À 82 ans, Monique Sergent pourrait avoir quelques bonnes raisons de se méfier de l’humanité. Ancienne infirmière aux Urgences, engagée depuis toujours auprès des plus fragiles, elle s’est même retrouvée à deux reprises avec un pistolet sur la tempe. Et pourtant, de toutes ces années passées à côtoyer la détresse, la maladie, la précarité et parfois la violence, elle a conservé une conviction infaillible: l’être humain mérite encore et toujours qu’on lui tende la main.
Si le monde ne bascule pas tout à fait, c’est peut-être grâce à cette armée invisible de gens ordinaires extraordinaires qui, sans drapeau ni médaille, opposent chaque jour à ses blessures quelques gestes minuscules de bonté. Monique Sergent appartient à cette catégorie. Pendant plus de trente ans, elle a travaillé comme infirmière de nuit aux urgences de l’hôpital de Longjumeau, à la périphérie de Paris, avant de poursuivre son engagement, une fois à la retraite, auprès de personnes malades, handicapées, isolées ou simplement cabossées par l’existence. Et autant vous dire que la “retraite”, Monique ne l’a jamais vraiment rencontrée: elle a simplement quitté son métier pour continuer, autrement, à veiller sur les autres.
Ce qui frappe chez Monique, c’est que sa bonté n’est pas née à l’abri du monde. Elle a vu la souffrance de près, connu des situations difficiles et même affronté la violence. Deux fois, au cours de sa vie, elle a été menacée avec un pistolet. De quoi bâtir quelques murailles autour de soi. Monique semble avoir choisi exactement l’inverse: continuer à ouvrir la porte. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, après une vie passée à côtoyer la détresse, des personnalités borderline ou frôlant parfois la folie, Monique n’a récolté qu’une seule vraie baffe!
C’est précisément ce paradoxe qui m’intéressait dans notre rencontre. À une époque où la peur de l’étranger, de l’assisté, du «profiteur» ou tout simplement de l’inconnu nourrit tant de discours polarisés, comment continuer à donner sans devenir naïf ? Peut-on aider sans juger? La générosité doit-elle avoir des limites? Et que découvre-t-on de l’être humain lorsqu’on a passé une vie entière au chevet de ses fragilités?
Je vous invite à rencontrer une femme discrète et profondément attachante, qui n’a aucune leçon à donner, mais une vie entière à raconter.




Remarquable cette interview de Monique Sergent. Oui la bonté et la bienveillance existent. Et font beaucoup de bien. Un témoignage à cet égard. J'ai passé 80 ans et j'ai eu beaucoup de chance jusqu'à il y a peu: jamais d'hospitalisation. Mais voilà depuis 10 mois j'ai dû faire deux séjours à l'hôpital (Morges): pour une prothèse de hanche et pour un diabète soudainement hors contrôle. J'ai découvert le monde de l'hôpital. Et c'était juste une très grande et bonne surprise: tous les soignants, médecins et infirmiers se sont montrés d'une extraordinaire bienveillance et solicitude à mon égard. Comme patient on n'est pas très en forme, mais cette bienveillance est un très grand réconfort et une aide prodigieuse. Bravo les soignants…
MERCI, Monique, pour votre humanité bien déployée qui montre le chemin des possibles, à chaque niveau ! MERCI, Isabelle, de diffuser de tels moments, où l'humain prend corps ! De tout coeur, Blandine