Patrick Burensteinas: revêtir la robe du souverain
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- 26 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 mars

Physicien de formation, alchimiste par vocation, pédagogue par passion, Patrick Burensteinas explore depuis plusieurs décennies un territoire fascinant: celui où la matière cesse d’être un objet inerte pour devenir un langage, et où l’existence humaine se révèle comme une toile de maître en perpétuelle création. Chez lui, point de dogme ni de mystification, mais une invitation exigeante à confronter le "singe" en soi pour sortir de l'instinct et entrer dans la conscience.
A travers notre échange, apparaît une bonne nouvelle: nous ne sommes pas condamnés à répéter nos automatismes et à rester à l'état de "primate". Nous pouvons évoluer et sortir de la roue du hamster. Dans cet entretien, nous avons choisi un fil rouge volontairement imagé et cocasse, pour apprendre à reconnaître le quadrupède en soi et cheminer vers l’être souverain.
Le "singe", explique Burensteinas, c’est cet héritage archaïque qui réagit, qui imite, qui se laisse entraîner par la peur, la colère ou le besoin d’appartenance. C’est la part de nous qui s’agite lorsque le monde tremble, qui s’inquiète lorsque l’incertitude grandit, qui cherche des réponses rapides dans un univers devenu complexe. Rien de honteux là-dedans. Le singe est un point de départ, pas une condamnation. Il n'y a pas de mal à se gratter la tête quand les questions surgissent ou à faire des bonds quand on panique un peu!
La souveraineté, elle, n’est ni un pouvoir sur les autres ni une domination sur la vie. Elle est une posture intérieure. Une verticalité tranquille. Une capacité à demeurer conscient, même au cœur du tumulte, même témoins d'une actualité mondiale en apparence nauséabonde.
À l’heure où les informations saturent nos esprits de tensions, de peurs et de récits anxiogènes, la parole de Patrick Burensteinas agit comme un rappel salutaire:
la transformation du monde commence toujours par la transformation de nos perceptions.
L’alchimie, dans sa vision, n’est pas une curiosité du passé ni une discipline ésotérique réservée à quelques initiés. Elle est une métaphore vivante, et parfois très concrète, de notre propre évolution. Le plomb dont parlent les anciens n’est pas seulement un métal: ce sont nos peurs, nos résistances, nos rigidités ou nos préjugés. L’or, lui, n’est pas une richesse matérielle, mais une qualité d’être: clarté, responsabilité, liberté intérieure et élégance de l'âme.
Au fil de cet échange, nous abordons des questions essentielles et profondément contemporaines: comment transformer la peur en force créatrice? Comment tenir son cap dans un monde instable? Comment traverser les périodes de chaos sans perdre sa direction? Et surtout, comment redevenir pleinement acteur de sa propre existence?
Il ne s’agit pas ici de fuir la réalité ni de s’évader dans des abstractions spirituelles. Il s’agit au contraire de revenir au cœur de la matière, dans le creuset du quotidien, là où s'opère notre transmutation, dans nos choix, dans nos réactions, dans notre manière de penser, de répondre aux injonctions extérieures.
Car devenir souverain ne signifie pas tout contrôler. Cela signifie cesser de subir intérieurement ce que l’on ne peut pas changer extérieurement.
Dans un monde qui valorise la vitesse, la performance et l’opinion instantanée, cet entretien propose une autre voie: celle de la lente transformation, de la responsabilité personnelle et de la conscience incarnée. Une voie ancienne, peut-être. Mais plus actuelle que jamais.
Sur Planète Vagabonde, nous aimons donner la parole à celles et ceux qui ne se contentent pas de commenter le monde, mais qui invitent chacun à se transformer pour mieux l’habiter. Patrick Burensteinas fait partie de ces passeurs discrets qui rappellent, avec rigueur et simplicité, que la véritable révolution n’est ni politique ni technologique.
Comme l'a fait joliment graver l'abbé Gillard à l'entrée de l'église Sainte-Onenne à Tréhorenteuc, dans la forêt de Brocéliande, surnommée «l'église du Graal»...
la porte est en dedans.



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