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Quand la vie me filme en retour


Il y a des moments dans une vie où l’on se retrouve, un peu malgré soi, de l’autre côté de la caméra. On devient sujet, quand on a passé trente années, comme moi, à célébrer les autres, à recueillir leur lumière, à accueillir leurs failles, et à raconter l’extraordinaire dans l’ordinaire. Et je dois avouer que partager un portrait élogieux de moi-même n’est vraiment pas évident et je vous prie d'ores et déjà de pardonner ce qui peut être perçu comme un petit péché d'orgueil. La frontière entre gratitude et narcissime est si ténue que l’on craint de la franchir par mégarde, tant la pudeur veille au seuil des mots.


Si je partage ce film aujourd’hui, c’est pour honorer deux êtres qui, par leur regard et leur présence, m’ont rappelé pourquoi je crois encore à la puissance du cœur humain: Céline Jentzsch et Samuel Bitton.

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Ces deux photographes et réalisateurs d’exception ont posé sur moi un regard d’une élégance rare, sans jamais me contraindre, sans jamais me travestir. Avec une patience d’orfèvres, une écoute presque chuchotée, et une délicatesse qui tient davantage de la caresse que du geste technique, ils ont su traduire fidèlement qui je suis et ce qui m’anime: cette humble vocation de mettre en avant le meilleur de l’Homme, même quand le monde semble vaciller.

Entre bouffon du roi, clown, poétesse nomade, buffle têtu, enquêteuse acharnée assoiffée de vérité, ils ont démasqué avec brio tous les personnages en moi.


Pendant plusieurs mois, Céline et Sam m'ont pistée comme un animal sauvage. Ils ont été à l'affût de chaque traces, de chaque empruntes laissées en chemin par un coeur qui n'a d'autre ambition que d'aimer, même maladroitement parfois. J'ai eu une admiration sans borne pour leur patience et leur professionnalisme.


Car ceux qui connaissent Céline et Sam savent que leur façon de travailler tient presque du rituel. Ils avancent comme des traqueurs de plans, image après image, avec cette précision tranquille de ceux qui savent que la beauté se cache souvent dans un souffle, un mouvement de lumière, un presque rien, un vol de papillon devant le micro. Ils observent, ils attendent, puis recommencent — dix fois, cent fois, mille fois si nécessaire — non par obsession mais par amour du geste juste.


Leur exigence n’est jamais raide: elle est habitée d’une recherche de pureté, de cohérence, de vérité. Ce n’est pas du perfectionnisme: c’est leur manière d’honorer le monde.

Nous appartenons à cette même famille humaine qui a compris que partager la Beauté n’est pas se détourner du réel. C’est, au contraire, lui offrir un contrepoids, une respiration, une preuve que l’obscurité n’est jamais totale. Et ce documentaire, tourné avec eux, m’a permis d’honorer un parcours qui a réussi à surmonter quelques beaux écueils que m'a réservé mon karma. J’ai senti que j’avais enfilé les cuissardes de cuir tanné que le Ciel avait façonnées pour moi avant que je ne pose un pied sur Terre. Découvrir ce documentaire, cela a été pour moi confirmer un rendez-vous ancien avec moi-même.


Je n’ai rien voulu maquiller. Ni mon visage (un tout petit peu!), ni mon histoire, ni les traces de poussières à bord de Begoodee, mon vieux camping-car, bon vieux héro de La route de la Joie. Je ne me suis pas forcée à rentrer le ventre ou à lisser les plis du vécu. Je suis restée «dans mon jus», comme on dit chez nous, avec cette volonté de cohérence entre mes actes et ma parole, et ce refus instinctif de tromper qui que ce soit, ni moi, ni ceux qui me suivent, me côtoient ou me lisent.

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La chaîne YouTube de Sam et Céline est un écrin de reportages sensibles, inspirants, vibrants d’un souffle presque sacré, entre le fascinant portrait de Madani, l'homme qui reverdit le désert et Bernard Bertrand, l'homme qui vit autrement (331 K)


Comme moi, Sam et Céline vivent uniquement des dons de leurs abonnés — et par les temps qui courent, c’est presque un acte de bravoure. Si leurs images, leur douceur, leur engagement vous touchent autant qu’ils m’ont touchée, je vous invite chaleureusement à les soutenir. Leur travail est rare, précieux, et indispensable dans un monde qui oublie parfois de contempler.


Enfin, sachez qu’ils mettent aussi leurs talents au service de projets porteurs de sens: environnement, humanité profonde, quête spirituelle, initiatives lumineuses. Si vous avez un rêve à transmettre, une histoire à magnifier, une vérité à révéler, leur regard saura en faire un poème.


Merci, Céline. Merci, Sam. Vous m’avez rappelé que parfois, être vue, c’est être ramenée à Soi. Et que la Beauté des uns et des autres, lorsqu’elle est vraie, n’est jamais narcissique. Parce qu'elle ne nous appartient pas. Elle vient d'En-Haut et nous sommes juste un quai de gare où le train de la Grâce s'arrête quelques minutes pour déverser avec impermanence son flot d'amour et de sagesse. Pour écouter l'interview intégrale

Je profite ici de remercier tous les adhérents de Planète Vagabonde qui me permettent de continuer à promouvoir ce journalisme si cher à mon coeur en m'aidant en même temps à en vivre au quotidien.


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