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AVE, CÉSAR

La part du Colibri est une chronique de Gil Rossion, ancien journaliste à la RTS, auteur et comédien.



Alexandre le Grand

Était un nain de jardin

Je suis loin devant

J’apporte… mon Destin


Le soleil s’efface

Devant mon éclat

Ma Grandeur manque de place

Mon Génie se sent à l’étroit


Je suis l’Imperator

Jamais je n’ai tort

Je suis l’Impredator

Tous crocs dehors !


Les biftons comme tout horizon, j’adore !

Mon seul dieu, c’est le Veau d’Or

Faut qu’ça rapporte

Sinon j’m’emporte !


Tout est propice

À se faire du blé

Tout est justice

Au nom de la rentabilité


Je suis mon unique boussole

Ceux qui disent que j’ai perdu l’Nord

Je les dégringole

Je n’ai qu’une loi : celle du plus fort


Je suis l’Imperator

Ma Hauteur transpire par tous les pores

Je suis l’Impredator

Pas de quartier, les affaires d’abord !


Les traités m’enquiquinent

J’en fais des avions de papier

Je préfère les champs de ruine

J’en fais des projets immobiliers


L’humanisme et autres fariboles

Je m’en gondole

Les ennemis de ma liberté

Je leur envoie mes bombardiers


Ma Vérité est de droit divin

Mon amour de Moi ne connaît aucun frein !

Ceux qui disent que je n’suis qu’un tigre de papier

Au bûcher ! Je les fais cramer !

Je suis l’Imperator

Ma Pensée est supérieure sous tous rapports

Je suis l’Impredator

Ma volonté ne souffre aucun désaccord !


À mort la diplomatie sclérosée !

Vive la fermeté éclairée !

Mes traités de paix

Je les signe du sang versé


Ceux qui disent que j’ai pas la lumière

À tous les étages

Je les réduis en poussière

Je les efface de la page !


Ceux qui veulent me dépasser

Je les pousse dans l’escalier

Je ne tiens aucune promesse

Je ne crois qu’au business

Miroir, beau miroir,

Suis-je toujours l’Imperator ?

Miroir, mon beau miroir,

Suis-je toujours le plus fort ?

Miroir, beau miroir,

Je ne vois rien

Miroir, mon beau miroir,

Où est mon reflet olympien ?

Ave, César

Le rideau est tombé

Il n’y a plus de miroir

Plus de show-TV

Il n’y a plus d’échappatoire

César,

Il n’y a plus

Que la réalité

Il n’y a plus

Que la réalité



 
 
 

5 commentaires

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jfb
08 mai

je trouve bien tristes ces commentaires poétiques

Le passé est source de malheur depuis l'aube des temps, et s'y référer pour illustrer le présent, n'a pas de sens, sinon celui de nous enfermer dans du connu, celui-là même dont nous avons tout un chacun le devoir et la responsabilité d'en sortir, si tant est que l'on aspire à un nouveau monde.

Qui plus est critiquer les gouvernants, aussi "imperator" soient ils, est le signe d'une grande faiblesse intellectuelle, c'est tellement facile de critiquer autrui.

Vous oubliez un seul détail : autrui, et surtout les "gouvernants" sont à notre image, ils reflètent ou matérialisent si vous préférez, le niveau de conscience collective de chaque pays, de chaque culture, mais au final,…

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Cher Monsieur, merci de votre retour. Je transmets à Gil Rossion qui est l'auteur de ce poème. Merci de nous lire et de prendre le temps de réagir. Chaleureusement, Isabelle

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Noté 5 étoiles sur 5.

cela donne un rythme intérressant dit de cette façon. une manière de prendre du recul en entrant en plein dedans...un monologue de théâtre se terminant par une conclusion dépitée d'une souveraineté déchue car déplacée de son centre rayonnant d'humanité. un déplacement qui n'a d'égal que la prestance de son ego trop adulé en chair et en os afin d'étreindre de façon malsaine tous les esprits qui n'auraient pas d'assise véritable. que tous les esprits au fondement éclairé se relèvent avec leurs torches à la fragrance humaine respectable honorable aimable. OUi être aimable est une véritable question, une véritable posture, un véritable challenge avec soi. ne pas SE croire mais CROIRE, ne pas SE définir mais accepter que la vie se…


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Merci, je transmets!

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Invité
08 mai
Noté 5 étoiles sur 5.

Saisissant.

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