AVE, CÉSAR
- Gil Rossion

- 8 mai
- 2 min de lecture
La part du Colibri est une chronique de Gil Rossion, ancien journaliste à la RTS, auteur et comédien.

Alexandre le Grand
Était un nain de jardin
Je suis loin devant
J’apporte… mon Destin
Le soleil s’efface
Devant mon éclat
Ma Grandeur manque de place
Mon Génie se sent à l’étroit
Je suis l’Imperator
Jamais je n’ai tort
Je suis l’Impredator
Tous crocs dehors !
Les biftons comme tout horizon, j’adore !
Mon seul dieu, c’est le Veau d’Or
Faut qu’ça rapporte
Sinon j’m’emporte !
Tout est propice
À se faire du blé
Tout est justice
Au nom de la rentabilité
Je suis mon unique boussole
Ceux qui disent que j’ai perdu l’Nord
Je les dégringole
Je n’ai qu’une loi : celle du plus fort
Je suis l’Imperator
Ma Hauteur transpire par tous les pores
Je suis l’Impredator
Pas de quartier, les affaires d’abord !
Les traités m’enquiquinent
J’en fais des avions de papier
Je préfère les champs de ruine
J’en fais des projets immobiliers
L’humanisme et autres fariboles
Je m’en gondole
Les ennemis de ma liberté
Je leur envoie mes bombardiers
Ma Vérité est de droit divin
Mon amour de Moi ne connaît aucun frein !
Ceux qui disent que je n’suis qu’un tigre de papier
Au bûcher ! Je les fais cramer !
Je suis l’Imperator
Ma Pensée est supérieure sous tous rapports
Je suis l’Impredator
Ma volonté ne souffre aucun désaccord !
À mort la diplomatie sclérosée !
Vive la fermeté éclairée !
Mes traités de paix
Je les signe du sang versé
Ceux qui disent que j’ai pas la lumière
À tous les étages
Je les réduis en poussière
Je les efface de la page !
Ceux qui veulent me dépasser
Je les pousse dans l’escalier
Je ne tiens aucune promesse
Je ne crois qu’au business
…
Miroir, beau miroir,
Suis-je toujours l’Imperator ?
Miroir, mon beau miroir,
Suis-je toujours le plus fort ?
…
Miroir, beau miroir,
Je ne vois rien
Miroir, mon beau miroir,
Où est mon reflet olympien ?
…
Ave, César
…
Le rideau est tombé
Il n’y a plus de miroir
Plus de show-TV
Il n’y a plus d’échappatoire
…
César,
…
Il n’y a plus
Que la réalité
…
Il n’y a plus
…
Que la réalité




je trouve bien tristes ces commentaires poétiques
Le passé est source de malheur depuis l'aube des temps, et s'y référer pour illustrer le présent, n'a pas de sens, sinon celui de nous enfermer dans du connu, celui-là même dont nous avons tout un chacun le devoir et la responsabilité d'en sortir, si tant est que l'on aspire à un nouveau monde.
Qui plus est critiquer les gouvernants, aussi "imperator" soient ils, est le signe d'une grande faiblesse intellectuelle, c'est tellement facile de critiquer autrui.
Vous oubliez un seul détail : autrui, et surtout les "gouvernants" sont à notre image, ils reflètent ou matérialisent si vous préférez, le niveau de conscience collective de chaque pays, de chaque culture, mais au final,…
cela donne un rythme intérressant dit de cette façon. une manière de prendre du recul en entrant en plein dedans...un monologue de théâtre se terminant par une conclusion dépitée d'une souveraineté déchue car déplacée de son centre rayonnant d'humanité. un déplacement qui n'a d'égal que la prestance de son ego trop adulé en chair et en os afin d'étreindre de façon malsaine tous les esprits qui n'auraient pas d'assise véritable. que tous les esprits au fondement éclairé se relèvent avec leurs torches à la fragrance humaine respectable honorable aimable. OUi être aimable est une véritable question, une véritable posture, un véritable challenge avec soi. ne pas SE croire mais CROIRE, ne pas SE définir mais accepter que la vie se…
Saisissant.