La caméra comme chemin de conscience
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Samuel Bitton et Céline Jentszch ne prennent pas des images: ils recueillent des présences. Des passeurs silencieux capables de révéler, derrière un visage, une montagne ou un regard, quelque chose de plus vaste que le simple visible. Ils captent derrière l'apparente réalité des choses. Interview
Depuis plusieurs années, Samuel Bitton et Céline Jentszch, photographes et réalisateurs, parcourt le monde caméra à l’épaule et cœur grand ouvert, avec une même obsession: raconter ce qui relie, ce qui élève, ce qui réconcilie. Leur travail, profondément humaniste et contemplatif, explore aussi bien les paysages grandioses que l’intimité des êtres humains, dans une démarche où la beauté devient presque un acte de résistance poétique.
"Nos chemins ne pouvaient que finir par se croiser."
Il y a quelques semaines, Céline et Sam ont réalisé un portrait documentaire sensible sur mon parcours journalistique et sur cette quête qui m’anime depuis plus de trente ans: mettre en lumière le meilleur de l’Homme à travers un journalisme d’inspiration, d’exemplarité et de conscience. Pour élever notre énergie et devenir inintéressant, voir invisibles pour toutes formes de prédation, dans le monde visible et subtil. Il se trouve que j'avais déjà mille fois entendu parler de ce tandem lumineux et que je projetais moi aussi de leur tendre mon micro. Il était à mon tour de raconter leur histoire.
Car derrière leurs images à couper le souffle se cache un immense travail de patience, d’écoute et d’exigence. Je les ai vus à l’œuvre: ils avancent comme des traqueurs de plans, comme des pisteurs d'empreintes d'animaux sauvages. Ils observent longtemps. Ils attendent une lumière, une vibration, un souffle, un signal intérieur peut-être. Puis ils recommencent. Encore. Et encore. Mille fois s’il le faut. Non par perfectionnisme froid, mais parce qu’ils cherchent la justesse, la pureté, la cohérence entre l’image et l’âme de ce qu’ils filment.
Chez eux, la caméra n’est jamais un outil de domination ou d’appropriation. Elle devient un espace de rencontre.

Samuel Bitton, photographe d’art passionné par les grands espaces et les montagnes, considère la nature comme un besoin vital autant qu’une source d’équilibre intérieur. Son travail photographique, reconnu internationalement, célèbre la majesté du vivant tout en rappelant sa fragilité. Céline Jentszch, quant à elle, développe depuis des années une approche profondément humaine du reportage et du portrait, nourrie par les voyages, l’écoute et une rare délicatesse dans la relation à l’autre.

À travers leur chaîne YouTube et leurs films documentaires, ils choisissent volontairement de braquer leur objectif sur ce qui fait du bien à l’âme: des initiatives positives, des parcours inspirants, des gardiens du vivant, des bâtisseurs d’alternatives, des êtres qui refusent de céder au cynisme ambiant. Dans un paysage médiatique souvent saturé d’angoisse, leur travail agit comme une respiration. Et c’est précisément ce qui relie nos univers.
Car raconter la beauté du monde ne signifie pas détourner les yeux de ses blessures. Bien au contraire. Cela consiste peut-être à rappeler que la lumière existe encore — et qu’elle mérite, elle aussi, d’être documentée.
Dans cet entretien, nous avons parlé de voyages, de spiritualité, d’écologie, de création, de photographie humaniste, mais aussi de cette étrange responsabilité qu’implique le fait de tenir une caméra ou un micro face au réel. Nous avons évoqué leur vie de couple, leur tandem professionnel, leurs rêves futurs et la trace qu’ils espèrent laisser sur cette Terre.
Une conversation simple, profonde et sincère entre compagnons de route.
Parce qu’au fond, nous appartenons peut-être à la même tribu invisible: celle des êtres qui continuent, malgré tout, à croire en l’Homme. Et à la nécessité de préserver ce qui jaillit en lui de plus vivant.




chère Isabelle je suis ok avec vous sur la réflexion avec les têtes de nègres ; moi j'ai eu aussi mon coup de gueule en allant à la piscine où j'ai été obligée d'ouvrir mon sac par l'agent de sécurité qui a fouillé mes affaires au cas où.....j'aurais drogue ou bombe....et j'étais ulcérée...et il m'a répondu qu'il ne faisait qu'appliquer la loi.....où je lui ai répondu comme les conducteurs de train ne faisaient que suivre la loi pour emmener les juifs en camps de concentration.....!!!!
Merci, chère Isabelle, d'être toujours positive