30 ans aux urgences, elle croit plus que jamais en la bonté humaine
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- il y a 2 jours
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À 82 ans, Monique Sergent pourrait avoir quelques bonnes raisons de se méfier de l’humanité. Ancienne infirmière aux Urgences, engagée depuis toujours auprès des plus fragiles, elle s’est même retrouvée à deux reprises avec un pistolet sur la tempe. Et pourtant, de toutes ces années passées à côtoyer la détresse, la maladie, la précarité et parfois la violence, elle a conservé une conviction infaillible: l’être humain mérite encore et toujours qu’on lui tende la main.
Si le monde ne bascule pas tout à fait, c’est peut-être grâce à cette armée invisible de gens ordinaires extraordinaires qui, sans drapeau ni médaille, opposent chaque jour à ses blessures quelques gestes minuscules de bonté. Monique Sergent appartient à cette catégorie. Pendant plus de trente ans, elle a travaillé comme infirmière de nuit aux urgences de l’hôpital de Longjumeau, à la périphérie de Paris, avant de poursuivre son engagement, une fois à la retraite, auprès de personnes malades, handicapées, isolées ou simplement cabossées par l’existence. Et autant vous dire que la “retraite”, Monique ne l’a jamais vraiment rencontrée: elle a simplement quitté son métier pour continuer, autrement, à veiller sur les autres.
Ce qui frappe chez Monique, c’est que sa bonté n’est pas née à l’abri du monde. Elle a vu la souffrance de près, connu des situations difficiles et même affronté la violence. Deux fois, au cours de sa vie, elle a été menacée avec un pistolet. De quoi bâtir quelques murailles autour de soi. Monique semble avoir choisi exactement l’inverse: continuer à ouvrir la porte. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, après une vie passée à côtoyer la détresse, des personnalités borderline ou frôlant parfois la folie, Monique n’a récolté qu’une seule vraie baffe!
C’est précisément ce paradoxe qui m’intéressait dans notre rencontre. À une époque où la peur de l’étranger, de l’assisté, du «profiteur» ou tout simplement de l’inconnu nourrit tant de discours polarisés, comment continuer à donner sans devenir naïf ? Peut-on aider sans juger? La générosité doit-elle avoir des limites? Et que découvre-t-on de l’être humain lorsqu’on a passé une vie entière au chevet de ses fragilités?
Je vous invite à rencontrer une femme discrète et profondément attachante, qui n’a aucune leçon à donner, mais une vie entière à raconter.




MERCI, Monique, pour votre humanité bien déployée qui montre le chemin des possibles, à chaque niveau ! MERCI, Isabelle, de diffuser de tels moments, où l'humain prend corps ! De tout coeur, Blandine