Géopolitique: le coup de coeur du mois
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- 7 avr.
- 2 min de lecture
Il est rare que je publie pour le compte de la rubrique "Vu ailleurs", car je me fais un point d'honneur à vous proposer que des perles trouvées sur la Toile. Et elles sont rares... Or cette première revue de presse sur la guerre contre l'Iran proposée par le média indépendant Elucid et l'excellent Olivier Berruyer est absolument remarquable: dans le traitement de l'information, dans le ton caustique et cinglant, comme dans la clairvoyance et le courage du présentateur.
Dans cette première édition, les événements récents autour de l’Iran sont relus à la lumière de sources souvent absentes du récit dominant. L’analyse remonte le fil des décisions politiques et militaires qui ont conduit à l’escalade, interroge avec fougue le rôle des différentes puissances en présence, des États-Unis à Israël, jusqu’aux positions plus discrètes, voire lâches, mais bien réelles des pays européens, et esquisse avec autant d'humour que de consternation les conséquences économiques déjà perceptibles chez nous.
Une lecture piquante et documentée, parfois dérangeante, qui invite à exercer notre discernement et à regarder les conflits contemporains avec un peu plus de profondeur, de recul et d'autodérision. En prime, je découvre avec bonheur l'immense talent artistique et journalistique d'Olivier Berruyer, économiste, analyste financier et essayiste français, qui s’est fait connaître du grand public en créant en 2012 le blog Les Crises, devenu une référence pour l’analyse documentée des grandes crises contemporaines.
Il dirige aujourd’hui la plateforme Élucid, qui propose enquêtes, revues de presse et analyses visant à éclairer les citoyens sur les enjeux économiques, politiques et internationaux avec un souci de pédagogie et de transparence que j'apprécie beaucoup.
Cette vidéo sarcastique est régal qui ne retire rien à ma profonde compassion pour toutes les victimes innocentes de la folie des hommes au Proche-Orient et ailleurs. Et à l'instant où j'écris ces lignes, un étage de ma conscience place mon coeur est en Iran et aux côtés de mes amis iraniens.
Un autre étage en moi, moins binaire et dualiste, observe avec tendresse la douloureuse traversée humaine du désert des illusions et des hologrammes noirs et blancs que nourrissent nos pensées. Le seul pouvoir qu'il me reste pour ne pas renforcer ce conflit, c'est de, tout en restant informée de tout, garder joyeusement mes yeux posés sur un bouquet de primevères et de tendre l'oreille aux premiers chants de l'aube des mésanges charbonnières qui s'activent autour de ma fenêtre.




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