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Regards d’Iran: quand le cinéma devient une fenêtre sur l’âme d’un peuple

Le festival Regards d’Iran, du 17 au 19 avril, organisé à Paris par l’association à but non lucratif Écrans des Mondes, fait partie de ces espaces précieux au-delà des antagonismes, des slogans et des postures idéologiques. Depuis plusieurs années, il s’impose comme une véritable fenêtre ouverte sur la réalité iranienne, non pas celle des caricatures médiatiques, mais celle des femmes et des hommes qui vivent, créent, et espèrent au quotidien. Les films sélectionnés y racontent la vie des citoyens iraniens, quels que soient leurs origines ou leur lieu de résidence, offrant ainsi une plongée sensible dans la complexité humaine de ce pays unique au monde, à la fois subtil et profondément attachant.


Ce festival, fondé par Michel Noll, acteur culturel français engagé dans la diffusion du cinéma documentaire et des œuvres indépendantes, en particulier autour de l’Iran et du Moyen-Orient a pour but de fédérer les hommes dans la puissance du dialogue. Les débats qui suivent les films, les rencontres avec les réalisateurs et les artistes, les moments de musique et de poésie composent une véritable traversée culturelle, où l’art devient un langage universel capable de dépasser les frontières politiques et la polarisation des perceptions. Dans un contexte international marqué par des tensions et des violences, les courageux organisateurs rappellent avec force que l’avenir d’un pays doit être décidé par son peuple, et que la réponse aux bombes et aux oppressions peut aussi être une œuvre d’art, une mélodie, un poème, un film qui témoigne de la dignité humaine. Depuis toujours, la force poétique du monde perse agit comme un contrepoids à la brutalité de l’actualité guerrière. Là où les armes assourdissent les hommes et les divisent, la poésie persane apaise par la beauté et l'élévation des esprits, rappelant que l’âme d’un peuple ne se résume jamais à ses conflits, ni à ce que les médias en disent. Pour y avoir vécu un an, comme chargée de communication auprès du CICR, j'ai vu combien le poème était partout, des salons privés aux rues de Téhéran, de Shiraz à Nishapur où repose le célèbre Omar Khayyam.


L’association Écrans des Mondes s’inscrit dans une démarche résolument indépendante, fondée sur la promotion d’un cinéma documentaire engagé, souvent réalisé par des cinéastes iraniens eux-mêmes. Son objectif est de faire circuler des œuvres rares, donner la parole à des voix singulières et permettre au public européen de découvrir une réalité plus nuancée, plus incarnée, plus humaine que celle véhiculée par les récits dominants.



L'amour plus fort que les stéréotypes

À ma plus grande surprise, mon texte "Iran, je t'aime" a été retenu pour une lecture publique par Philippe Tancelin, poète-philosophe, professeur émérite des universités de Paris, Chevalier des Arts et des Lettres. Fondateur du collectif de poètes et artistes des cinq continents, Effraction, il lit régulièrement des textes inspirants sur sa chaîne youtube et interroge l'actualité à travers une parole poétique indépendante. Le groupe publie des recueils collectifs aux éditions L'Harmattan.

Il y a, dans cette initiative, éminemment audacieuse en pleine guerre de l'information, quelque chose de profondément réconfortant. Comme un rappel que, même dans les heures sombres, la lumière peut surgir d’un écran de cinéma, d’une salle obscure, d’un vers de poésie ou d’un simple regard posé sur l’autre. Et que, face aux fractures du monde, la culture reste peut-être l’une des dernières terres communes où l’humanité peut encore se reconnaître.


Découvrez le programme:


 
 
 

1 commentaire

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Michel NOLL
il y a 2 jours
Noté 5 étoiles sur 5.

Merci Isabelle Bourgeois pour cet article inspirant....

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