Planet Dolce Vita: La Terre vue d'en bas
Dernière mise à jour : 24 août 2024
Après ma première nuit au-dessus du lac de Thoune, j'ai repris la route en direction des Grisons. J'ai franchi le col du Susten en direction d'Uri. J'avance lentement mais sûrement... Partie mardi depuis Yverdon, je suis arrivée à Lenzerheide (Grisons) hier soir où j'ai dormi sous ma petite tente dans un camping local. Comme nous avons eu un peu froid, Lovski s'est lové contre moi pour nous tenir chaud. Mon chien va très bien et se régale, comme moi, de notre odyssée. J'ai tout simplement mis 4 jours pour parcourir 500 kilomètres. Comme je ne prends pas les autoroutes pour des raisons de sécurité, tout prend beaucoup plus de temps. Un plein d'essence me permet de parcourir 200 kilomètres pour 26 francs! La journée de passage à Thoune et Interlaken s'est vécue sous des trombes d'eau. Heureusement qu'un micro food-truck indien (photo) a mis de la couleur à ma journée! Amrit m'a expliqué avec son fort et sympathique accent hindou qu'il "gagnait sa vie en Suisse", mais qu'il "fêtait la vie" en Inde où la joie, les cris des enfants et les sourires explosent comme des feux d'artifices.
J'ai une assistance technique exceptionnelle. Je me sens comme une pilote de Formule 1 suivie par son écurie! Je suis coachée par le meilleur mécano au monde, José Resende, restaurateur de voitures anciennes et qui a volé plusieurs fois d'Yverdon en Afrique du Sud à bord d'un "Cricri" qu'il a monté lui-même! C'est lui qui a préparé la "puce"! Un reportage sur ses aventures est en projet. Patrice Buffat qui me prête la voiture me prodigue, lui aussi, les meilleurs conseils.
J'ai fait escale à Innertkirchen pour la nuit en attendant que le gros des nuages passe pour entamer mes montées aux cols dans les meilleures conditions. Dans la nuit ou dans le brouillard, je suis aussi invisible qu'un moucheron. Je préfère opter pour la prudence et la sécurité.
Mes premières impressions sont saisissantes. D'abord, je vois le monde d'en bas! Je me sens comme une coccinelle sur une planète de géants; les hommes, les arbres, les autres voitures me semblent énormes! Je dois lever la tête ou la main la plupart du temps: dans les parkings pour attraper le ticket du portillon, pour demander un renseignement par la fenêtre de Dolcezza, pour regarder les arbres démesurés au bord de la route ou pour répondre aux salutations des voitures que je croise. D'ailleurs, ce sont surtout les motards et les voitures de taille moyenne qui s'enthousiasment au passage de ma petite Fiat. Je crois que les gros 4 X 4, Audi, BMW ou Mercedes ne nous voient tout bonnement pas! Pour eux, je dois être un moustique furtif qui passe sous leur portière! Quant aux cyclistes, ils me prennent en pitié quand il arrive qu'ils me doublent dans les montées aux cols! Le retour de la tendresse et des petits gestes oubliés Je suis très touchée de voir la joie que soulève mon petit grain de maïs en passant dans les villes et les villages. Je suis curieuse de voir si ce phénomène sera plus fort encore en Italie. La petite Fiat si joliment relookée par Car industry réactive clairement les coeurs d'enfants, une certaine nostalgie pour les années 60, insouciantes et effervescentes pour beaucoup. Je ressens aussi une certaine excitation à refaire des gestes que j'avais oubliés, éjectés de mon lexique en gestuelle, comme tourner la manivelle de la fenêtre. Aussi, rouler très lentement, c'est entrer dans une autre dimension. L'hyperactive que je suis, réapprend le "un paysage après l'autre" et "un geste à la fois". Je suis ultra concentrée et je serre parfois les fesses dans les tunnels ou la descente des cols! Grâce à cette lenteur, j'ai le temps d'observer les fleurs sur le bord de la route, de pittoresques petits toits d'ardoises dans les combes et les creux ces vallons, et même d'écouter le chant des oiseaux lorsque j'attends aux feux. Je réapprends aussi l’écoute du moteur et de toute ma monture en général.
Loin des guerres, proche dans le coeur Les guerres me semblent faire partie d'un autre monde. Je pense bien sûr à mes frères et soeurs à Gaza, aux Russes et aux Ukrainiens, sans oublier les pays d'Afrique, dont le Burkina Faso, le Niger, le Soudan, l'Érythrée et l'Éthiopie que je connais bien pour y avoir été déléguée du CICR. Ceux qui me suivent depuis longtemps connaissent ma vision de la vie. Tout en éprouvant une profonde empathie pour les peuples et les être qui souffrent, je m'autorise à créer ma réalité et à pérenniser ma joie de vivre. S'autoriser à être heureux n'est pas une mince affaire. Par le passé, je suis tombée dans le piège de la culpabilité d'être née en Suisse, d'avoir grandi dans une famille bourgeoise et j'ai cherché à "réparer" ce destin en m'engageant corps, coeur et âme dans des projets pour la paix et dans l'humanitaire. Depuis, j'ai revu tous mes fondamentaux: j'ai compris qu'en voulant "faire le bien", nous pouvions souvent être encombrants et nuisibles qu'autre chose. J'ai décidé donc d'assumer mon karma et d'en jouir avec gratitude, tout en partageant mes récits avec mes lecteurs. Mon intention n'est plus de réparer une injustice, mais de partager, comme journaliste, une information qui élève plutôt qu'une actualité qui plombe. Et en fin de compte, qui nous asservit par de basses vibrations et par la soumission dans laquelle la peur et le doute nous maintiennent. Aujourd'hui, je pense que plus on cherche à se battre contre, plus on génère la guerre et les conflits sur la planète. Il faut d'abord balayer devant la porte de sa vie et faire le ménage dans les placards de notre subconscient. Cela ne signifie pas qu'il faut renoncer à se positionner pour ses valeurs. C'est bien ce que je fais avec les conférences que nous organisons avec Planetpositive sur la liberté sanitaire, la liberté d'expression et les manoeuvres dans les coulisses de l'actualité. Dans le choix de nos actions, tout dépend du niveau d'où elles partent: de la peur ou de l'amour, de sauveur ou du pèlerin de passage. Bref, pardons pour cette diversion... Une horloge sans aiguilles En ce début d'aventure, le temps n'existe plus. Comme mon GPS m'indique régulièrement 4 à 6h de route d'une destination à l'autre, je ne regarde plus ma montre. Cela procure un immense sentiment de liberté et j'encourage mes lecteurs à s'autoriser à aménager des espaces sans aucun programme, ni plan, ni rendez-vous, ni rien... Souvent, on me dit: "Mais parce que toi, tu peux te permettre, tu as de la chance, etc...". Non, je n'ai pas de la chance...Cette possibilité, je me la suis construite patiemment avec le temps, petit bout par petit bout, à coups de foi, de patience et de persévérance. En vivant aussi simplement et en réduisant mes dépenses. Mes proches peuvent en témoigner. Je construis mon itinéraire à l'huile de coude et en travaillant intensément. Je pratique simplement l'amour inconditionnel pour la vie, comme elle vient, dans ses ombres comme dans ses lumières. J'expérimente le détachement aussi. J'investis sur le meilleur produit en bourse: mettre mon attention là où foisonne la vie; sur ma créativité et le partage de la Beauté. La joie est mon véritable salaire et curieusement, les ressources arrivent aussi, surtout depuis que j'ai décidé de créer mon propre média.
À ce sujet, j'aimerais conclure en remerciant infiniment mes adhérents. Grâce à vous, et pour la première fois, vous me permettez de vivre pleinement ce pour quoi je suis née. En lançant mon propre magazine, ma Planète Vagabonde, je me sens plus que jamais à la barre de mon existence. Vous me donnez des ailes et j'espère contribuer modestement à déployer les vôtres en retour.
J'aimerais aussi vous informer que j'ai une joie particulière à partager mon récit quotidiennement en format audio sur un groupe whatsapp réservé à mes mécènes. Qu'ils en soient aussi profondément remerciés.
Si vous avez des questions sur l'aventure, n'hésitez pas à m'écrire à: isabelle@planetpositive.org
Je vous embrasse et je reprends la route. Dans deux heures, je devrais ENFIN franchir la frontière italienne! Forza Dolcezza!
Isabelle Alexandrine Bourgeois
PS: pendant un mois, les adhérents recevront plus qu'un article par semaine, compte tenu que vient s'ajouter à mon média d'informations, l'aventure Dolce Vita! Dès mon retour en août, je reprendrai mes publications courantes.





Un câlin à Lovky de Moka 🐶. Bonne route ☀️🥰
Merciii chère Isa de me faire rêver notre terre est belle où que l’on soit : juste la regarder avec le cœur 💓