La souris Bodhisattva des ventilations (1/2)
Dernière mise à jour : 21 août
J'ai une jolie petite histoire à vous raconter. Cette aventure vient de m'arriver et selon les amis à qui j'en ai parlé, les conseils qu'ils m'ont donnés étaient si variés que cela m'a inspiré cet article.
C'est l'histoire folle d'une petite souris vagabonde, comme moi.
Peu avant Noël, j'ai réalisé que je n'étais pas seule à bord de ma voiture... Je trouvais régulièrement des confettis de mouchoirs en papier, des croquettes de mon chien éparpillées ou des débris de chew-gum à la cannelle. Je n'ai pas trop pris l'affaire au sérieux jusqu'à ce que découvre, la veille de Noël, l'impensable: mon magnifique gros coeur en chocolat aux noisettes du célèbre et coûteux chocolatier "Tristan", soigneusement rangé au fond d'un sac du même nom et destiné à mon amoureux, présentait une méchante et profonde entame! Et même nos cailles de Noël ont été visitées avec gourmandise! Là, je ne rigolais plus du tout! J'ai donc vidé ma voiture de toutes traces de nourriture et autres tentations, comestibles ou non. Deux jours plus tard, en démarrant ma ventilation, j'ai entendu un long craquement de fin du monde, comme si une hélice s'était désolidarisée de son socle pour virevolter dans le moteur. S'en est suivi un profond silence. Kaput. Plus de chauffage! Là, j'ai compris que mon intruse avait probablement niché dans ma ventilation et qu'elle avait sûrement été hachée menu en enclenchant le chauffage qui est aussitôt tombé en panne. Grâce à Dieu, mon garagiste travaillait entre Noël et Nouvel-An et j'ai pu lui confier mon véhicule, tout en le prévenant qu'il risquait de se retrouver nez à nez avec du Tartare de mulot. Je lui ai souhaité "bon courage" et j'ai tourné les talons, soulagée de ne pas à devoir m'en occuper.
Trois jours plus tard, je viens rechercher mon véhicule. "J'ai du démonter votre tableau de bord de A à Z. Je n'ai pas retrouvé votre souris, ni morte, ni vivante, mais elle s'était aménagée un hôtel 5 étoiles! Regardez les photos! Il y avait du tissu, des croquettes et même des pièces de monnaie!", me raconte mon mécano. Nous rions beaucoup et je repars libérée de ce tracas, en me disant que l'affaire était réglée, que ma souris avait pris la poudre d'escampette.


Rira bien qui rira le dernier
Le lendemain matin, je retrouve à nouveau des miettes de chew-gum probablement oublié sous mon siège! Là, il fallait prendre une nouvelle fois sérieusement et rapidement les choses en main. Mon assurance allait certainement payer une fois les dégâts d'un rongeur, mais pas deux!
Rongée moi aussi par la mauvaise conscience (c'est le cas de le dire), j'ai commencé à consulter mes amis autour de moi pour leur demander comment ils s'y prendraient pour choper la coquine. J'ai associé chacun d'eux à un profil spécifique et voici ce qui en est ressorti:
La diversité des regards dans la chasse à la souris
Pour mon amie bouddhiste, elle m'a dit d'accepter la situation avec sérénité. Elle m'a proposé de méditer dans la voiture en compagnie de la souris, considérant que tout est impermanent, même les dégâts causés par ce petit être. Elle m'a même conseillé de lui donner le nom de "Petit Bodhisattva des ventilations" pour mieux l’honorer.
Bon, pas convaincue.
Pour mon ami agriculteur, il faut être pragmatique et efficace. "Les prédateurs sont des animaux nuisibles pour les récoltes des paysans qui nourrissent les hommes. Nous n'avons que faire de ces sensibleries", me lâche-t-il. "C'est vite vu: c'est à nouveau 1500 CHF de réparation ou la souris. Que choisis-tu?" Moi, si tu veux, je t'installe des pièges dans le style "mâchoires à ressorts" pour l'énuquer ou l'assommer, au mieux. Une fois capturée, tu la relâches dans un champ éloigné, tout en marmonnant : « Pas dans mes affaires, toi ! »
Quant à la vision de l'écologiste, je savais qu'elle allait m'énerver. "Il faut être dans le respect de la biodiversité. Ma chère, je te suggère de fabriquer une petite maison écologique pour la souris à l’extérieur de la voiture avec des matériaux recyclés, puis d'utiliser des méthodes douces comme des huiles essentielles répulsives pour l’inciter à déménager. Une mini-campagne « sauvons la souris » pourrait être envisagée. Qu'en penses-tu?" J'ai levé les yeux au ciel en lui lançant un "merci quand même!".
Mon ami chasseur, lui, est stratégique. "Moi, j'armerais un piège ultra-sophistiqué avec vision nocturne, détecteur de mouvement et, pourquoi pas, un appât gourmet. Résultat probable : le nid détruit et la souris hors jeu, avec un trophée à ajouter à ma collection!"
Quant à mon ami maniaque, son approche est obsessionnelle et intransigeante.
Action : Passer chaque centimètre carré de la voiture au détecteur à ultraviolets pour localiser toutes les traces laissées par la souris. Désinfecter la ventilation avec un produit hospitalier, poser des pièges, et ne jamais rouvrir la voiture tant que l’intruse n’a pas quitté les lieux.
J'ai aussi consulté un enfant de mon entourage. Il m'a dit de nommer la souris « Choco-Croquette », de lui construire une mini-maison dans la boîte à gants et de tenter de la nourrir avec d'autres douceurs. Il a même proposé de demander à ses parents de l’adopter comme animal de compagnie.
Pour mon ami chrétien pratiquant, son approche est évidemment l'amour universel et le pardon.
"Il faut pardonner à la souris ses méfaits, puis lui offrir de nouvelles opportunités de vie en transformant la ventilation en véritable arche pour elle et ses futurs petits. En invoquant Jésus-Christ, peut-être multiplierait-il les croquettes pour ne pas qu’elle manque de nourriture?"
Et vous? Qu'auriez-vous fait à ma place? Comment pensez-vous que la souris a fini?
Suite au prochain épisode! ;-)
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Très jolie histoire😊😉. Moi, je crois que j'aurais installer une collection de "tête de nègre" (cf un post précédent) sur son parcours défini grâce au super garagiste détecteur du nid afin qu'elle s'entartine de blanc battu jusqu'à tomber en une profonde somnolence digestive et que je puisse la prendre délicatement sans lui proposer du carmol pour faire passer l'excès mais un bol d'air dans un coin de forêt avec glands, noix, graines chocolatées et un beau morceau d'Appenzeller imprégné de la médecine locale aux 42 plantes secrètes. Je suis sûre que ce transfert mêlant gourmandise, curiosité satisfaite et ventre bien tendu permettrait de dire "merci petit Jesus" (autre référence ancienne de mon enfance) sans poids sur la conscience et sans…