Magie et politique, une histoire conjugale entre ombre et lumière
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- 11 oct. 2024
- 15 min de lecture
De la Première Guerre mondiale à l’époque contemporaine, l'occultisme a laissé son empreinte insaisissable sur la politique de nombreux pays. Discrètement dissimulées ou marginalisées, les influences mystiques et ésotériques ont pourtant modelé les trajectoires de régimes et de dirigeants, insufflant une dimension énigmatique aux jeux de pouvoir.
Dès les premières années du siècle, l'Europe redécouvre les mystères de l’occultisme. L’Ordre hermétique de l’Aube dorée, fondé à la fin du XIXe siècle par trois membres influents de la Société rosicrucienne en Angleterre, attire dans ses cercles fermés des esprits brillants en quête de savoirs interdits. Alchimie, magie cérémonielle et cabale sont autant de disciplines explorées pour transcender le réel. Ce retour à l’ésotérisme répond à un besoin de réenchanter un monde bouleversé par les progrès technologiques et la montée du matérialisme, offrant une alternative spirituelle aux doctrines rationnelles de l’époque. Cent an plus tard, en 2024, la civilisation occidentale se retrouve au même point, ou presque: l'arrivée de l'Intelligence Artificielle et le matérialisme poussé à son paroxysme offrent une nouvelle fenêtre d'opportunités pour un Gloubi-boulga ésotérico-spirituel.
Flashback de 1700 à nos jours Lorsque les canons se taisent en 1918, l’Europe se retrouve face à un immense vide spirituel. Les illusions de progrès et de rationalité se sont évanouies dans les tranchées boueuses de la guerre. Dans ce climat de désillusion, les mouvements ésotériques, loin de disparaître, trouvent un nouvel élan. Les années 1920 marquent le début d’une nouvelle ère où les pratiques occultes continuent de se diffuser, cette fois au sein de la culture populaire et de certaines idéologies politiques, préparant le terrain pour les décennies à venir.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’utilisation de l’occultisme par le régime nazi se fait plus prononcée. Les symboles nordiques et les runes germaniques imprègnent la propagande, façonnant l’image d’un Hitler messianique, porteur d’une mission divine. Les rites païens et les mariages SS, inspirés de la chevalerie médiévale, illustrent cette fusion entre ésotérisme et quête de pureté raciale, contribuant à susciter une adhésion fervente au sein du peuple allemand. Le célèbre et passionnant ouvrage « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960, explore la thèse selon laquelle les idées mystiques, notamment celles de la Société de Thulé, auraient influencé les fondements du nazisme et guidé certaines décisions irrationnelles du régime. Fondée en 1918, cette société secrète s’inspirait des mythes nordiques et promouvait une idéologie raciale, rêvant d’unir l’occultisme à un projet politique de renouveau national. En conclusion de l’ouvrage, les auteurs appellent à une réconciliation entre la science, la magie et le mysticisme, aspirant à l’émergence de « nouveaux magiciens » capables de transformer le monde.
Les rituels de décolonisation
Alors que l’Afrique s’éveille aux mouvements de libération, l’occultisme prend une place inattendue dans les luttes contre les puissances coloniales. Au Kenya, la rébellion des Mau Mau en 1950 se dote de rituels magiques, destinés à galvaniser les combattants. Sacrifices et invocations ancestrales se mêlent à la lutte armée, insufflant un sentiment de cohésion et de protection spirituelle aux insurgés, tout en inspirant la terreur parmi les colons britanniques.
En Haïti, François Duvalier, surnommé "Papa Doc", va habilement instrumentaliser le vaudou, religion traditionnelle haïtienne, pour asseoir son autorité. Duvalier se présente comme un puissant sorcier vaudou, capable de contrôler les forces surnaturelles. Cette aura lui permet d'inspirer à la fois crainte et respect parmi la population. Sa milice personnelle, les tristement célèbres Tontons Macoutes, est perçue comme investie de pouvoirs surnaturels, ce qui amplifie la terreur qu'elle inspire. Des sacrifices d'animaux (comme des poulets, des chèvres ou des porcs) faisaient partie des pratiques rituelles vaudou associées aux Tonton Macoutes. Ces sacrifices étaient offerts aux esprits en échange de protection et de pouvoir. Les membres de ces milices paramilitaires utilisaient des gris-gris, des amulettes vaudou censées offrir protection et pouvoir magique. (Image créée par Isabelle Bourgeois avec l'aide d'outils informatiques)

L'influence de la franc-maçonnerie sur les Pères fondateurs des États-Unis
La franc-maçonnerie, avec ses rituels et son symbolisme, a influencé la fondation des États-Unis, notamment dans l'élaboration de la Constitution et la conception architecturale de Washington D.C. La capitale elle-même est riche en symboles maçonniques, comme l'architecture du Capitole et le placement de monuments comme l'Obélisque de Washington, qui est souvent interprété comme un symbole ésotérique lié au culte solaire et aux anciens mystères. Les inscriptions "Annuit Cœptis" ("Il (Dieu) approuve nos entreprises") et "Novus Ordo Seclorum" ("Nouvel ordre des siècles") au dos du billet de un dollar ont été interprétées par certains comme des références à une nouvelle ère de gouvernance éclairée, voire à un projet ésotérique visant à établir un nouvel ordre mondial. Au XIXe siècle, les mouvements spirituels et ésotériques tels que le spiritualisme et la théosophie ont gagné en popularité aux États-Unis. Le spiritualisme, avec ses séances de spiritisme et ses médiums, a influencé certaines figures politiques. Par exemple, Mary Todd Lincoln, l'épouse du président Abraham Lincoln, aurait organisé des séances de spiritisme à la Maison-Blanche après la mort de leur fils, cherchant à entrer en contact avec son esprit.
Retour du mysticisme en Occident dans les années 70
Dans les années 1970, Nancy Reagan aurait consulté son astrologue pour orienter les décisions présidentielles. Les emblèmes mystiques se font omniprésents : le Pentagone, par sa forme même, évoque des significations ésotériques, tandis que l’idée de « Destinée manifeste » (Manifest Destiny) renforce l’image d’une nation investie d’une mission divine de domination mondiale. Une terminologie qui a eu « bon dos » et a constitué un formidable alibi pour justifier une expansion territoriale vers l'ouest, y compris l'acquisition de terres par la guerre, l'achat ou l'annexion. La "Destinée manifeste" servait aussi de rationalisation pour les conflits avec les populations autochtones et les nations voisines, comme le Mexique, et a contribué à l'élargissement des États-Unis jusqu'à atteindre le Pacifique.
Aujourd'hui, on peut se demander si le soutien américain au génocide palestinien répond à cet objectif du "Grand Israël" à réaliser une prophétie messianique ? Le messianisme encouragé par Benjamin Netanyahu favorise l’expansion du territoir au-delà des frontières actuelles, depuis le Nil jusqu'à l'Euphrate. Cette perspective est souvent motivée par des croyances religieuses qui voient dans la colonisation une réalisation des prophéties dans l'Ancien Testament et une étape nécessaire à la venue du Messie. C'est un sujet qui mériterait un nouvel article à part entière...

Russie : entre magie et religion
En parfait miroir à la mission divine des États-Unis sur le monde, renforçant la polarité des pouvoirs, la Russie se présente elle aussi comme un flambeau dans les ténèbres des temps apocalyptiques. Au fil du XXe siècle, elle a incarné bien plus qu’une simple nation ; elle s’est vue investie d’un rôle messianique, porteur d'une mission transcendante aux accents apocalyptiques. Pour ses dirigeants, des vestiges de l'empire tsariste aux rêves soviétiques, en passant par le renouveau spirituel de la Russie post-soviétique, l’histoire du pays a souvent été interprétée à la lumière d’une destinée exceptionnelle, une croisade mystique vouée à affronter les forces du chaos et à guider l’humanité dans les tourments d’un monde en déclin.
Avec la révolution bolchévique, la Russie, désormais Union soviétique, se dote d’une nouvelle mission messianique : celle de libérer le monde du joug capitaliste et de construire une société sans classes, bref, un "paradis terrestre". Malgré l’athéisme officiel, les rumeurs abondent sur l’intérêt de Staline pour l’astrologie. Les récits de consultations de voyants lors de moments clés alimentent les spéculations sur une influence occulte dans les stratégies militaires soviétiques, réminiscences de l’ombre de Raspoutine, le mystique controversé de la cour impériale russe. Pour les dirigeants soviétiques, le communisme n’est pas seulement un projet politique, mais une forme de salut laïc, un engagement presque religieux visant à créer un homme nouveau. Le discours soviétique se pare d’images apocalyptiques : la lutte des classes prend des allures de combat eschatologique entre le bien et le mal, entre l’oppression impérialiste et l’émancipation prolétarienne.
Au cœur de cette mission, la Russie se présente comme l'avant-garde du monde à venir, porteuse d’un futur lumineux qui balaierait les ténèbres du passé. La Grande Guerre patriotique (1941-1945), face à l’invasion nazie, a renforcé cette vocation salvatrice : la victoire sur le Troisième Reich est perçue comme une bataille contre les forces du mal, une lutte existentielle pour la survie de l'humanité, où le peuple soviétique apparaît comme le rempart contre l'Apocalypse. En 1989, le journal Moskovskaia Pravda publie l'horoscope de Mikhaïl Gorbatchev. La même année, le quotidien Pravda présente à ses lecteurs Dzhuna Davitashvili, un guérisseur qui aurait soigné Brejnev, ainsi qu'Anatoly Kashpirovsky, un présentateur télévisé pratiquant la guérison à distance. En 1995, Dzhuna Davitashvili avait participé à la Élections législatives russes à la tête du Bloc Juna Davitashvili.
Alexander Dugin est sans doute l'une des figures les plus influentes du néo-occultisme en Russie contemporaine. Philosophe et théoricien politique, Dugin est connu pour ses écrits sur le nationalisme eurasien et sa vision de la Russie comme un empire spirituel destiné à dominer l'Europe et l'Asie.
Dugin est aussi influencé par l'œuvre de penseurs européens comme René Guénon et Julius Evola, qui prônaient un retour à des traditions ésotériques pour contrer la modernité occidentale.
"L'homme moderne, au lieu de chercher à s'élever à la vérité,
prétend la faire descendre à son niveau. "
René Guénon
Grigori Grabovoï, diplômé de la Faculté de mathématiques appliquées et de mécanique de l'université polytechnique d'État de Tachkent, est présenté comme un guérisseur mystique, un scientifique de génie, clairvoyant et enseignant spirituel hors norme. Il est particulièrement connu pour ses théories scientifiques autour de la numérologie et de la guérison par les chiffres. Il démontre et enseigne comment notre conscience peut surmonter tout événement négatif, guérir toute maladie, régénérer les organes du corps humain et créer de nouvelles machines à énergie libre. On le dit actif dans les cercles du pouvoir où il prodiguerait de nombreux conseils, à conditions qu'ils servent les intérêts personnels des dirigeants avant le bien-être de tous. Ne répondant pas à cette exigence, il a fait plusieurs passages en prison.
Aujourd’hui, Vladimir Poutine se dresse ouvertement contre une société occidentale en plein déclin et décadence et évoque souvent le rôle du pays comme bastion de la civilisation face au chaos. Les tensions internationales actuelles sont perçues comme des signes de "la fin des temps", où la Russie serait appelée à affronter les forces dissolvantes d’un Occident qu’elle considère en pleine déliquescence spirituelle. Cette vision apocalyptique confère une dimension quasi sacrée aux actions politiques, transformant les rivalités géopolitiques en luttes métaphysiques pour le salut du monde. (Image créée par Isabelle Bourgeois avec l'aide d'outils informatiques)

En Asie, c’est du pareil au même
Aujourd’hui, dans plusieurs pays asiatiques, les pratiques magiques et ésotériques continuent d'influencer la sphère politique, marquant un pont entre tradition et pouvoir. Bien qu'elles soient rarement évoquées de manière officielle, leur impact sur la gouvernance et les décisions politiques est palpable. En Thaïlande, les amulettes sont fréquemment portées par les politiciens et les responsables militaires pour attirer la chance, se protéger des dangers et obtenir le soutien des électeurs. Les dirigeants consultent souvent des moines bouddhistes réputés pour leurs pouvoirs magiques, non seulement pour des bénédictions, mais aussi pour des conseils sur les décisions politiques importantes. Des cérémonies de protection et de purification sont courantes avant des élections ou des événements de grande envergure. La pratique du sak yant, un tatouage sacré censé offrir protection et pouvoir, est également prisée par les politiciens et les militaires, qui cherchent à invoquer la force spirituelle à travers les symboles gravés sur leur peau.
Au Cambodge, les dirigeants du pays, y compris l’ancien Premier ministre Hun Sen, consultent régulièrement des astrologues et des devins pour orienter leurs décisions. L'astrologie est perçue comme un outil important pour prévoir les événements politiques et économiques, et les cérémonies de bénédiction menées par des moines bouddhistes sont fréquentes avant des initiatives politiques majeures.
En Birmanie, le général Ne Win, qui a dirigé la Birmanie de 1962 à 1988, était connu pour sa superstition extrême. Il aurait fait changer la circulation de droite à gauche dans le pays sur les conseils d’un astrologue, estimant que cela inverserait la fortune du pays.
En Inde, l'astrologie védique est considérée comme un guide pour déterminer les dates propices à des actions importantes, telles que les élections ou les inaugurations. Certains dirigeants participent à des pèlerinages ou à des pujas (rituels de prière) pour apaiser les divinités ou demander des bénédictions avant de prendre des décisions importantes. Le Premier ministre actuel, Narendra Modi, a souvent été vu participant à des rituels spirituels publics, combinant spiritualité et politique dans son image publique.
Dans des pays comme le Brésil, le Mexique et Cuba, certaines traditions magiques comme la Santeria, la Palo Mayombe ou la Brujería incluent des rituels pouvant être utilisés à des fins de magie noire. Ces pratiques, héritées de la diaspora africaine et des cultures indigènes, incluent des rituels de malédiction ou de protection pour influencer les affaires politiques. Certains politiciens consultent discrètement des praticiens de ces traditions pour obtenir des conseils spirituels ou pour lancer des sorts contre leurs adversaires.
En Chine, bien que le Parti communiste ait officiellement rejeté les superstitions traditionnelles, les pratiques occultes n'ont jamais vraiment disparu. Avec le renouveau de la culture traditionnelle depuis les années 1980, les croyances dans la géomancie (Feng Shui), l'astrologie chinoise et même les pratiques chamaniques ont refait surface dans certains milieux. Il n'est pas rare que des responsables chinois consultent des maîtres de Feng Shui pour la construction de bâtiments gouvernementaux ou pour orienter les affaires importantes. (Image créée par Isabelle Bourgeois avec l'aide d'outils informatiques)

Les théories de Ole Dammegard
Le journaliste d’investigation Ole Dammegard que j’ai interviewé plusieurs fois, et en particulier sur la théorie des faux drapeaux, propose une interprétation occulte des événements contemporains, reliant symbolisme, numérologie et opérations psychologiques pour expliquer les agissements des élites politiques. Selon lui, certains chiffres comme le 11, le 13 ou le 33 sont souvent associés à des événements marquants, tels que les attentats du 11 septembre 2001, et possèdent des significations ésotériques liées à des sociétés secrètes telles que les Illuminati ou la Franc-maçonnerie.
Dammegard soutient que les élites utilisent intentionnellement des symboles occultes comme l'Œil de la Providence ou le compas et l’équerre pour signaler leur influence cachée. Il affirme également que des événements tragiques (faux drapeaux et opérations psychologiques) pourraient être orchestrés comme des rituels de sacrifice, se déroulant à des moments spécifiques, tels que les solstices, pour renforcer symboliquement le pouvoir de ces groupes et l'hypnose collective.
Des monuments comme les obélisques dans des villes sont vus par Dammegard comme des points de focalisation énergétique, tandis que certaines cérémonies publiques, telles que les Jeux olympiques, seraient imprégnées de rituels occultes dissimulés sous couvert de divertissement. Le journaliste d'investigation souligne aussi l’utilisation de symboles discrets, comme les chaussures rouges, interprétées dans certains cercles conspirationnistes comme des signes de pouvoir occulte.
Aujourd’hui, l’utilisation de symboles occultes persiste, notamment dans les stratégies de communication politique. Aux États-Unis, la campagne de Donald Trump s’est parfois appuyée sur des imageries énigmatiques, suscitant des théories de conspiration sur les élites cachées. Par exemple, pendant la campagne de 2016, l’un des logos proposés pour le comité d’action politique « America First » montrait un aigle stylisé tenant un cercle dans ses serres, évoquant visuellement l'aigle impérial allemand utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. Sa casquette rouge vif, frappée de son slogan «Make America Great Again», a été interprétée par certains comme une forme de couronnement symbolique, signifiant que Trump se présente comme un "roi" ou un "chef" auto-proclamé de ses partisans. Elle peut être perçue comme un signe de souveraineté ou de prise de contrôle sur le destin politique de l'Amérique. Le slogan lui-même, combiné à la casquette rouge, peut être interprété ésotériquement comme un mantra ou une invocation. En répétant cette phrase et en l'associant à un objet symbolique, certains ésotéristes considèrent cela comme une forme de "magie verbale" destinée à manifester un certain résultat. Dans cette perspective, le port de la casquette et l'utilisation du slogan constituent une sorte de rituel collectif pour invoquer un retour à une époque mythifiée de la grandeur américaine. En alchimie, le rouge est associé à la phase de "rubedo", qui symbolise l'achèvement du Grand Œuvre alchimique, représentant la transformation spirituelle et la perfection finale.
Zoom sur la France
En France, Emmanuel Macron n'hésite pas à recourir à un langage empreint de références spirituelles. À plusieurs reprises, notamment lors de la pandémie, Macron a utilisé le terme de "forces invisibles" pour désigner les éléments imprévisibles ou non maîtrisables qui influencent les événements. Il utilise régulièrement un langage biblique pour marquer les esprits sur la gravité des enjeux, comme le terme "Apocalypse" évoqué dans plusieurs contextes pour décrire des scénarios catastrophiques. Pour Bertrand Scholler, géophysicien, passionné de géopolitique et de symboles de pouvoir, le portrait officiel d'Emmanuel Macron est un exercice de communication maîtrisé qui viserait à affirmer une autorité occulte. « Pour moi, c'est une photo qui est diaboliquement intelligente, car tous les codes sont là. Les mains d'Emmanuel Macron, posées de manière assurée sur le bureau, ajoutent une dimension de symbolisme gestuel troublant, surtout lorsque l’on retourne la photo à 180 degrés qui rappelle la posture de la chauve-souris et du vampire. Située en arrière-plan, les aiguilles de l'horloge indiquent 8h20 et forment une pyramide, symbole maçonnique. Les deux iPhones posés sur le bureau du Président, l’un sur l’autre, symbolisent le chiffre 11 qui, pour moi, fait référence au 11 septembre, aux deux tours jumelles et au contrôle par les médias », a expliqué Bertrand Scholler au cours d'une conférence à Genève organisée par le Mouvement Fédératif Romand et à laquelle j'ai assisté. Le chiffre 11 est souvent qualifié de "nombre maître" en numérologie. Il serait porteur de vibrations élevées. Dans certaines traditions ésotériques, le 11 peut également être lié à des notions de chaos ou de désordre. En tant que dépassement du chiffre 10 (qui représente la complétude et l'ordre divin), le 11 peut être vu comme un état de transition ou de déséquilibre avant un retour à l'harmonie. Enfin, Bertrand Scholler interprète les trois livres de la Pléiade reliés en peau d’agneau comme des références aux sacrifices. Il nous a également fait remarquer que le Président français est souvent représenté avec des cornes sur la tête lorsqu'il est en couverture du Time Magazine.

Une Suisse énigmatique
L’une de mes premières enquêtes comme jeune journaliste auprès de La Tribune de Genève m’avait profondément troublée. Elle portait précisément sur la magie noire à Genève. À plusieurs reprises, la presse locale rapportait des découvertes d'objets rituels, de symboles ou de restes d'animaux, suggérant des pratiques occultes dans la ville et en périphérie. Au cours d’une promenade en forêt dans la campagne genevoise, avec mon chien, sous le feuillage, j’ai moi-même trouvé une coupe en étain, en forme de Graal (photo ci-dessous). J’ignore si elle avait servi à un rituel de magie blanche ou noire, ou simplement dans le cadre d’une bonne soirée festive entre amis, mais j’ai préféré la faire purifier!
Dans cette enquête, je m'étais très rapidement heurtée à un mur infranchissable. J’avais été informée de nombreux rituels de magie noire effectués par des individus isolés ou des groupes clandestins, cherchant à invoquer des entités, à exercer une influence surnaturelle sur les organisations internationales siégeant à Genève ou à maudire des ennemis. D'après mes informateurs, ces rituels se pratiquaient sous la gare de Cornavin. Je n’ai jamais eu le temps de vérifier ces informations, ayant été systématiquement contrecarrée dans mon enquête, parfois même fermement intimidée. Au cours de mes recherches, j’avais interrogé l’astrologue de l’ancien président Mitterand, Elisabeth Teissier, alors domiciliée à Genève et qui, selon mes informations, aurait participé à des cérémonies magiques. Là encore, je n'ai jamais pu vérifier ces dires, en tout cas pas de la bouche de la principale intéressée. Au cours de notre entretien, la discussion avait dévié sur François Mitterand qui la consultait pour des conseils sur le calendrier politique, lors de moments sensibles de la politique française. Il est vrai que l’ancien chef d’état avait une relation complexe avec les symboles et le mysticisme. Il était fasciné par l'ésotérisme et les symboles occultes, comme en témoigne son choix de construire la pyramide du Louvre ou sa passion pour les lieux chargés d'histoire et de mystère, tels que la cathédrale de Vézelay ou la ville de Solutré, qu'il visitait chaque année. (Photo de la coupe que j'ai trouvée en forêt)

Toujours en Suisse, dans le spectacle inaugural du tunnel de base du Saint-Gothard en juin 2016, en présence de nombreuses personnalités politiques, l'une des scènes les plus controversées du spectacle mettait en scène un personnage central ressemblant à une créature cornue, souvent interprétée comme une représentation de Baphomet ou du diable. Dans une partie du spectacle, des ouvriers vêtus de tenues de travail orange défilaient d'une manière qui évoquait une procession rituelle satanique. Certains ont interprété cette scène comme une référence à des rites sacrificiels ou à des cérémonies occultes où des sacrifices humains ou animaux étaient offerts pour apaiser les forces souterraines ou les esprits gardiens du lieu.
Quand l’opposition contre-attaque
Si certains dirigeants aiment s'amuser avec des formules magiques, ce n'est pas sans risque. Les contre-attaques sont puissantes, semble-t-il. Aux États-Unis, lors de la présidence de Donald Trump, un mouvement informel de "sorcières" s'est organisé pour pratiquer des rituels visant à affaiblir symboliquement le président. Les "sorcières anti-Trump" ont utilisé des rituels collectifs de magie, notamment à des dates spécifiques comme les nuits de pleine lune, pour jeter des sorts destinés à "lier" Trump et limiter son pouvoir. Les rituels étaient souvent partagés en ligne pour encourager une participation à grande échelle, et les pratiques incluaient l'utilisation de bougies, de cartes de tarot et de symboles occultes. Il semblerait que leurs efforts n'aient pas été vains, puisque non seulement l'homme politique avait été écarté du pouvoir avant de réapparaître sur les tribunes électorales actuelles, mais elles avaient réussi à attirer l'attention des médias sur l'utilisation de la magie comme forme de protestation. (Image créée par Isabelle Bourgeois avec l'aide d'outils informatiques)

En conclusion, des exemples historiques et contemporains montrent que, même dans un monde de plus en plus matérialiste, les forces invisibles continuent de hanter les esprits et de marquer les trajectoires des nations et des hommes. En dépit des controverses, cette relation énigmatique entre magie et politique, nous invite à repenser les fondements de notre société et à explorer la richesse des dimensions spirituelles qui continuent de modeler notre imaginaire collectif. Exercer un esprit de curiosité sur ces pratiques, qu’elles servent l’Ombre ou/et la Lumière, peut, paradoxalement, éclairer le chemin vers une compréhension plus vaste de l’humanité et de son destin.
Dans ces revendications messianiques d’une nation à l’autre, nous pouvons nous demander si nous n’assistons pas à une guerre cosmique entre des forces spirituelles opposées qui chercheraient à influencer l'humanité depuis longtemps. Et si les individus étaient les champs de bataille de cette lutte, pilotés par ces forces en fonction de leur niveau de conscience et de développement spirituel ? Et si le but ultime était que l'humanité transcende ces influences pour atteindre une autonomie spirituelle profonde et éternelle ?
Isabelle Alexandrine Bourgeois
PS: Plusieurs des images de cet article ont été créées par moi-même à l'aide d'outils informatiques modernes. Un article sur le sujet suivra.




J’apprécie cette petite synthèse où l’on voit les points communs des différents pays et régions du monde qui ont tous recours à des pratiques ésotériques et occultes.
J’ai beaucoup aimé les images qui illustrent l’article. Merci !
Catherine V