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Un premier Festival Nexus riche en rencontres, émotions et découvertes – Témoignage


Fin juin dernier, j’ai renoué avec mon camping-car Begoodee, mon célèbre destrier de La Route de la Joie, pour me rendre dans le Jura à l’occasion du premier Festival du Magazine Nexus, dans les jardins du Château de Grévy. Ce fut aussi l’occasion de faire la connaissance de Sarah Vandy, journaliste et animatrice de l’émission «les joies de l’éco-construction» et «Taiwan dans toute sa diversité» sur Radio Taiwan International, avec qui j’échangeais à distance ces dernières années. Pour Planète Vagabonde et inspirée par son enthousiasme, Sarah a saisi sa plume pour mettre en lumière les temps forts, les belles découvertes et les rencontres marquantes qui ont rythmé ce week-end sous un soleil de plomb. Version audio disponible. Écouter la version audio de cet article

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Une étoile filante est passée dans le ciel la veille du festival, pendant le dîner au bord d’un ruisseau avec quelques festivaliers que nous venions de rencontrer. Une étoile filante annonciatrice d’un week-end inoubliable. Nous nous étions réunis autour d'une bonne tisane, à l'invitation de la journaliste Isabelle Alexandrine Bourgeois, fondatrice de Planète Vagabonde, au pied de son camping-car Begoodee. Je n’ai pas regretté d’avoir calé mes congés sur les dates du Festival Nexus pour pouvoir y participer.


De très nombreuses personnes qui m’ont accompagnée à travers leurs livres, leurs interviews, leurs actions et même leurs chansons - tels des phares dans l’obscurité ces dernières années - avaient «traversé l’écran». J’y ai aussi fait de très belles rencontres dans le public et sur les stands, que ce soit Akina (collaborateur d’Essentiel News) ou l’association Cher Atout Coeur. C’est la force du réel, que le virtuel ne remplacera jamais.


L’enthousiasme de Jonathan Attias et Carole Perez qui promeuvent la «désobéissance fertile» par un habitat respectueux du vivant était contagieux. L’engagement de Thierry Casanovas et de Senta Dupuydt sur les questions de santé revigorant. La présentation par Icaros de la future plateforme PeerTube des médias libres très inspirante. Finalement, plus il y a de contraintes, plus on devient créatifs !


Icaros présente la nouvelle plate-forme PeerTube, un logiciel libre d'hébergement de vidéo décentralisé contrant l'omniprésence de Youtube.
Icaros présente la nouvelle plate-forme PeerTube, un logiciel libre d'hébergement de vidéo décentralisé contrant l'omniprésence de Youtube.

Le film «Ukraine-Russie, derrière l’écran de fumée» d’Alexandre Pénasse a beaucoup ému le public. Merci aussi à Tristan Edelman de nous avoir fait descendre dans nos corps et nos cœurs en dansant. Et quelle joie également d’écouter Ingrid Courrèges et Kalune sous les étoiles !


Les prises de parole sur l’agriculture m’ont particulièrement marquée. Ananda Guillet de l’association Kokopelli, nous a alertés sur les NGT, ces «nouvelles techniques génomiques» pour créer des OGM dans un cadre dérégulé, qui viennent d’être approuvées par l’UE. Une mauvaise nouvelle pour la biodiversité et pour nous qui pourrions ainsi manger des OGM sans le savoir, tandis que les apprentis sorciers du cartel de l’agrochimie se frottent les mains… C’est la porte ouverte à la modification par l’IA du génome des plantes, puis des animaux… et des êtres humains. J’ai réalisé que nous étions bel et bien au seuil de cette dystopie.


Si cela me glace le sang, je sais aussi que c’est simplement le prolongement du monde actuel, avec ses logiques économiques et son penchant à la déshumanisation. Je peux dire sans craindre de me tromper que tous les participants au Festival Nexus (et probablement la plupart des gens de manière générale) souhaitent que le monde emprunte un autre chemin. La lutte n’est pas terminée et la détermination d’Ananda force le respect. Son conseil : comprendre, agir et transmettre.


Nous avons toutes les bonnes raisons de soutenir les actions des associations contre les NGT et s’opposant au projet d’Omnibus de l’UE qui vise à déréglementer l’utilisation des pesticides, comme l’a analysé Générations Futures, un autre point de vigilance souligné par Ananda. Alors que le monde agricole est au bord du gouffre, Kyria Gay, de la Table de Gaya, nous a quant à elle invités à nous souvenir que le paradis, c’est cette Terre. Sa joie et sa foi en la vie rayonnent. Comment ne pas être touchés ?


Et il y a eu tant d’autres conférences auxquelles je n’ai pas pu assister parce qu’elles avaient lieu en même temps. Il y avait de quoi butiner à satiété. A tel point que je n’ai pas été trop affectée par le manque de nourriture dû au désistement de certains prestataires. J’ai préféré assister aux conférences plutôt que de faire la queue pour manger. Après tout, je venais d’acheter le livre Préparer son jeûne efficacement et en conscience de Fabien Moine aux éditions Exuvie. L’occasion de commencer à mettre en pratique !



La lame de fond inexorable de l’éveil des consciences

Je redoutais un peu un phénomène de «groupies» autour de «stars de la résistance» et j’ai été agréablement surprise de constater que, pour la très grande majorité des gens, l’essentiel était de discuter avec les intervenants des sujets de fond et de les remercier pour leur travail, pas de se prendre en photo avec eux pour les publier sur les réseaux sociaux. Le signe d’une certaine maturité. Ce sont des personnes inspirantes, oui, mais pas des sauveurs ni des gourous. C’est nous tous, depuis là où nous sommes, à travers ce que nous faisons, qui allons faire bouger les lignes.


Cette élévation des consciences, je l’ai aussi ressentie dans l’organisation d’ateliers constituants tout au long du festival, avec les conseils de Léo Girod. 2027 est une année électorale, mais «élire n’est pas voter», comme l’a rappelé Etienne Chouard, c’est déléguer notre souveraineté à des maîtres qui décident à notre place les lois – et surtout des règles du jeu – que nous aurions dû délibérer tous ensemble.


Lors du festival, je me suis réjouie qu’il n’y ait pas eu de soutien pour tel ou tel candidat qui incarnerait un esprit de revanche pour canaliser notre colère, pourtant légitime au regard de la situation. La solution ne viendra pas des urnes, et même le résultat d’une révolution peut être confisqué au profit d’une nouvelle oligarchie si nous continuons à déléguer notre pouvoir. Ce que j’ai ressenti ce week-end-là, c’est surtout une évolution des consciences, comme l’a souligné Jean-Dominique Michel, au niveau individuel d’abord, puis collectif.


Dans le sillage des Gilets Jaunes et du travail du MCP, de nombreux ateliers constituants ont déjà lieu actuellement dans toute la France et même au-delà. Alors, pourquoi ne ferions-nous pas de 2027 une année constituante? Ne laissons pas les élections voler la vedette!



La vie est généreuse quand on lui ouvre les bras

Les hautes vibrations du festival m’ont réservé une belle surprise. Alors que Philippe Guillemant parlait de synchronicité, mon regard s’est posé sur une femme aux traits asiatiques. «Elle est peut-être d’origine taïwanaise», me suis-je dit. A la fin de la conférence, je suis allée lui demander. «Mais comment le savez-vous?!» Sur 3500 personnes, nous nous sommes trouvées: l’une Française qui habite à Taïwan et l’autre Taïwanaise qui habite en France! Cette rencontre est peut-être le début de nouveaux projets. Comme le dit Isabelle Alexandrine Bourgeois, fondatrice de Planète Vagabonde: «La vie est généreuse avec toi car tu lui as ouvert les bras».


Le dimanche soir à 18h, j’ai eu un appel d’Arlette Agassis, fondatrice du centre d’équipédagogie Akita, chez qui je passais la nuit: «les stands sont déjà démontés à cause du risque d’orage, on y va!». Quel choc, alors que je comptais encore assister aux dernières conférences et repasser voir les stands. Mais le dîner me réservait d’autres surprises! Ce fut tout d’abord l’occasion de discuter avec Arlette, qui explore comment la rencontre avec les chevaux nous invite à trouver notre chemin de vérité.


J’ai ensuite eu la chance de faire la connaissance d’Héloïse, fondatrice de l’association Hope Hope Hope, qui a publié un livre-revue sur l’éducation et un journal-jeu pour la jeunesse orienté vers les solutions. Notre discussion et la qualité de son travail m’ont redonné espoir en un journalisme renouvelé. Héloïse nous a aussi parlé de ses rencontres, au fil de ses reportages, avec des jeunes qui tracent leur voie hors des sentiers battus, et des échanges intéressants qu’elle a eus avec des jeunes lors du festival. Le nom de son association n’a pas été choisi au hasard.


En fin de soirée, nous avons regardé des vidéos sur la Marche des Chevaux pour un Pardon Mondial, organisée en octobre 2025 par Arlette Agassis, des partenaires dans plusieurs pays et des bénévoles. Et nous avons écouté la chanson «sème l’amour» composée par Patrice Michaud et Robert Savoie sur le thème du pardon, qui n’est pas oubli mais permet de reprendre son pouvoir brisé. Accompagnée d’images de chevaux, cette chanson m’a même tiré des larmes.



Et ce n’était pas fini. Le lendemain matin, j’ai fait la connaissance de Nadia, qui m’a proposé un co-voiturage. Nous ne nous connaissions pas, et pourtant nous avions tant à nous dire! Nous avons aussi quelques idées pour que le prochain Festival Nexus permette de tisser encore plus de liens entre les festivaliers.


Nexus, un magazine qui porte bien son nom

Finalement, dans le même esprit que la Marche des Chevaux pour un Pardon Mondial, le Festival Nexus a permis de rappeler que le monde se transforme à chaque fois qu’un être humain choisit l’amour plutôt que la peur, comme le souligne Isabelle Alexandrine Bourgeois. Et aussi lorsque nous nous mettons en mouvement et que nous nous relions. D’où l’importance des groupes locaux qui sont en train de se mettre en place suite à ce festival.


Nexus désigne les liens, un point de rencontre, un nœud de convergence. C’est exactement ce qu’ont réalisé les journalistes du magazine, les organisateurs et bénévoles du festival, en nous permettant de nous rassembler au-delà des écrans. Encore un grand merci d’avoir rendu cela possible, et bravo pour votre engagement, votre courage et votre persévérance ! J’ai aussi de la gratitude envers Isabelle et Arlette pour leur formidable accueil et les beaux moments passés ensemble. Le Festival Nexus a prouvé que nous étions déjà nombreux à œuvrer par nos consciences et nos actes à un monde plus désirable, chacun à notre manière. C’est une lame de fond inexorable.


Avec Isabelle Alexandrine Bourgeois, initiatrice de Joy for the Planet, devant son camping-car Begoodee
Avec Isabelle Alexandrine Bourgeois, initiatrice de Joy for the Planet, devant son camping-car Begoodee

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Sarah Vandy a également fondé le groupe Taiwan du mouvement de « la frugalité heureuse et créative » et cultive quotidiennement la terre et son jardin intérieur. Elle va prochainement proposer une chronique sur Planète Vagabonde, tournée vers des solutions et des idées inspirantes pour l’avenir. Écouter la version audio de cet article



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