TDAH, autisme, hypersensibilité... La grande usine à enfants calibrés
- Isabelle Alexandrine Bourgeois

- il y a 2 jours
- 12 min de lecture
Qui a décidé que nos différences étaient des maladies? L'enfant rêveur devient inattentif. Le passionné devient obsessionnel. Le turbulent est hyperactif. Le solitaire glisse vers le spectre autistique. Celui qui ressent intensément est soupçonné de dérèglement émotionnel. À chaque singularité semble désormais correspondre un acronyme, une grille d'évaluation, un protocole thérapeutique et, parfois, une prescription. Et si, dans notre désir bien légitime d'aider les enfants en difficulté, nous avions aussi commencé à transformer une partie de leurs plus belles différences en anomalies à corriger? Quand la différence devient systématiquement un diagnostic, n’allons-nous pas trop loin? Plaidoyer pour une enfance libre, singulière... et résolument vivante.

Il suffit d'ouvrir un manuel de psychiatrie moderne pour prendre la mesure de cette formidable entreprise de classification. Le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), publié par l'Association américaine de psychiatrie, répertorie plusieurs centaines de diagnostics destinés à décrire les troubles psychiques et comportementaux.
Son équivalent international, la Classification internationale des maladies (CIM-11) de l'Organisation mondiale de la Santé, poursuit la même ambition: proposer un langage commun aux professionnels afin "d'améliorer le diagnostic" et la prise en charge des patients. Leur utilité clinique est un questionnement perpétuel. Même si des millions de personnes se félicitent d’avoir mis un nom sur leurs souffrances, accédant ainsi à des «soins adaptés» avec une mise en lumière d’un fonctionnement qui les faisait parfois souffrir depuis l'enfance, la journaliste et chercheuse de vérité en moi se questionne...
Car lorsque l'on dispose d'un catalogue extrêmement précis, la tentation apparaît naturellement d'y faire entrer toujours davantage de situations humaines. Le regard change alors dangereusement. Nous ne voyons plus seulement un bambin; nous cherchons la case dans laquelle il pourrait entrer. L'enfant devient un diagnostic. Est-il TDAH? Haut potentiel? TSA? Opposant? Hypersensible? Dyslexique? Dyspraxique? Trouble anxieux? Trouble de l'attachement? Trouble de la régulation émotionnelle? Chaque comportement devient un indice potentiel de dysfonctionnement par rapport à un système où chacun devrait se conformer et entrer comme une paire de baskets dans un carton à chaussures.
Notre époque adore les êtres calibrés. Les pommes doivent avoir le bon diamètre, les tomates la bonne couleur, les carottes la bonne longueur… et les enfants la bonne personnalité. Tout ce qui dépasse du moule inquiète, alors on l'étiquette, on le mesure, on le corrige. Pourtant, c'est précisément ce qui dépasse qui fait la beauté d'un jardin et de l'humanité. Mais de nos jours, chaque différence appelle une évaluation. Chaque singularité risque de devenir un symptôme. Et si la différence n’était pas surtout un formidable business? Ou un SOS lancé par les enfants dont la beauté dépasse le moule?
Marion Saint Michel, psychologue clinicienne, auteur du livre "Gouvernance perverse" et chroniqueur auprès de Planète Vagabonde, apporte un éclairage complémentaire et nécessaire:
«Il est difficile d’aborder la question des troubles de l’enfance sans rappeler que les enfants grandissent dans une société elle-même pathologique. Certaines réactions que l’on classe aujourd’hui parmi les troubles du comportement peuvent aussi être comprises comme des réactions de santé face à des situations, des atmosphères ou des réalités qui, elles, sont véritablement malsaines. Ne pas se sentir bien dans une société malade est souvent un signe de bonne santé.
Une partie des comportements que l’on étiquette, que l’on pathologise ou que l’on cherche à normer constitue peut-être avant tout la réponse, maladroite mais légitime, d’un enfant confronté à un environnement anormal. L’enfance est aujourd’hui l’un des âges les plus exposés et les plus fragilisés. Certaines approches éducatives (programme Evars), notamment lorsqu’elles introduisent des contenus sexuels inadaptés au développement de l’enfant, sont vécues comme profondément intrusives et traumatisantes.
De la même manière, les mesures imposées durant la période du Covid — déscolarisation, distanciation sociale, port du masque chez les plus jeunes — ont altéré les apprentissages, la relation aux autres et le développement affectif. Tous les troubles de l’enfance ne peuvent évidemment pas être réduits à cette seule explication, mais il serait dangereux d’oublier que certains d’entre eux expriment la tentative de l’enfant de s’adapter ou de préserver son intégrité, tant bien que mal, dans un monde devenu profondément pathologique.»

Nos enfants ne sont pas des cases Il ne s'agit nullement de nier la réalité de certains troubles. Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, les troubles du spectre de l'autisme ou les troubles anxieux existent bel et bien. Ils peuvent bouleverser profondément une existence et méritent d'être reconnus, compris et accompagnés. De nombreux enfants retrouvent grâce à un diagnostic pertinent des outils, des adaptations scolaires ou des traitements qui améliorent considérablement leur qualité de vie. Mais ne tombons pas dans l'excès inverse. Toutes les différences ne sont pas des dysfonctionnements. Avant de prescrire un traitement, peut-être devrions-nous nous demander si nous ne sommes pas simplement en présence d'une personnalité exceptionnelle qui demande moins à être médicalisée qu'à être comprise. Sur ce chemin, j’ai retenu deux approches qui me semblent alignées sur les besoins des enfants en proposant une alternative aux médicaments, avec douceur, discernement et confiance:
Sabine Baeyens est fondatrice de l’école «Make Children Better School» qui repose sur l'idée que de nombreuses difficultés observées chez les enfants, notamment ceux présentant un trouble du spectre de l'autisme ou un TDAH, trouvent leur origine dans un dysfonctionnement du traitement sensoriel plutôt que dans le comportement lui-même.
Son enseignement s'appuie sur le Qigong Sensory Treatment (QST), une méthode de stimulation tactile associant pressions profondes et mouvements rythmiques destinée à favoriser la régulation du système nerveux. L'objectif n'est pas de corriger les comportements, mais d'agir en amont sur l'organisation sensorielle afin de favoriser naturellement le sommeil, l'apprentissage, les interactions sociales et le bien-être de l'enfant.
«Ce que je vois chaque jour dans ma pratique, c'est différent. Les enfants arrivent avec un diagnostic. Parfois plusieurs. TDAH, autisme, trouble anxieux. Mais ce qu'ils ont vraiment, c'est un système sensoriel qui n'a jamais pu se développer correctement. Le diagnostic explique le comportement. Mais pas la cause. C'est pourquoi je travaille avec le Qigong Sensory Treatment - le QST. Au lieu de médiquer ou de corriger le comportement, on soutient la base. Le système nerveux sensoriel. Par le toucher régulier, prévisible, quotidien.
Les parents font le travail. Chaque jour. Dix, quinze minutes. Rien de compliqué. Une rencontre simple avec le corps de l'enfant. Un thérapeute les guide, s'adapte, suit les changements.
Car une séance hebdomadaire en clinique ne suffit jamais. C'est la constance à la maison qui reconstruit la fondation. Ce qui se passe? Les enfants dorment mieux. Leur digestion s'améliore. Leur sensibilité au toucher change. Leur capacité à rester présents dans leur corps augmente. Ces changements arrivent souvent en quelques semaines. Pas en mois ou en années. Dans notre école, nous formons des professionnels à cette approche. À partir de septembre, une nouvelle cohorte de thérapeutes commence sa certification», explique Sabine Baeyens.

La musico-thérapie qui nous remet sur notre propre chemin
Blandine Schmitt, avec ses Jardins du Son, pratique par la musico-thérapie, le métier de Coach Parental et Familial en région Auvergne-Rhône-Alpes. «Mon expérience personnelle de la musique m'a fait découvrir qu'elle mettait en jeu les différentes composantes de l'être humain sur les plans physique (l'élan du bras pour frapper une cymbale sollicite la motricité), émotionnel (les nuances des doigts sur le piano indiquent la sensibilité), mental (la mémoire de ce qui a procuré du plaisir se met en route) et spirituel (l'état d'écoute et d'inspiration relie à plus grand que soi). Je donne la possibilité aux enfants de choisir parmi un matériel sonore et musical varié: appeaux, cloches, flûte à coulisse, tambourin, cymbale, bongos, métallophone, piano, bol tibétain... Cette approche permet de révéler leur potentiel caché. Les résultats sont spectaculaires.»
Quand les adultes préfèrent la pathologie à l’acceptation de soi
Le phénomène ne s'arrête d'ailleurs pas aux portes de l'enfance. Le monde des adultes semble lui aussi céder à la tentation de se définir par ses diagnostics, ses blessures ou ses fragilités. Comme si, dans une société où la souffrance conférait parfois davantage de reconnaissance que la résilience, il devenait plus facile d'exister à travers une étiquette qu'à travers la fierté d'avoir su se construire soi-même.
Pas plus tard qu'hier matin, j’ai reçu l’appel d’une bien aimable lectrice qui voulait un renseignement. Au fil de notre discussion, elle me confie qu’elle aimerait se faire «diagnostiquer», car «au moins, ma famille et mon entourage me ficheront la paix», me dit-elle, de guerre lasse. Mon interlocutrice me fait comprendre que si on lui identifiait un trouble dans le grand inventaire des maladies psychiatriques, ses proches auraient assez pitié d’elle pour arrêter de la vouloir autrement. Est-ce vraiment la solution? Faut-il se rétrécir pour ne plus déranger? En bref, je me suis permise de lui répondre: «ne serait-il pas plus joyeux d’assumer votre manière d’être au monde, de faire de votre sensibilité une force plutôt qu’une faiblesse, au lieu d’être perçue comme une victime?. N’est-ce pas à vous de prendre votre place et de briller par votre singularité, sans vous préoccuper de ce que pensent les autres ?» Mais en pleine âge mûr, a-t-on encore l'énergie de prendre sa place?
Comment accompagner sans écraser?
Retour aux enfants: à partir de quel moment le diagnostic éclaire-t-il parents et enfants… et à partir de quel moment commence-t-il à réduire un bambin? Lorsqu'un enfant entend très tôt qu'il souffre d'un «trouble», quel récit construit-il sur lui-même? Grandit-il avec l'idée qu'il possède une manière singulière d'habiter le monde, ou avec le sentiment que quelque chose, en lui, ne tourne pas rond? Derrière les mots choisis se dessine une représentation de nous-mêmes qui accompagnera parfois toute notre vie. Parce que nous façonnons nos existences autour de l’idée que l’on se fait de soi et des autres.

Je suis «bougillonne» et c'est le grand feu de mon existence
Je souris souvent en pensant que si j'étais née aujourd'hui, il y a de fortes chances que quelques enseignants bien intentionnés aient suggéré une évaluation de mon agitation permanente. Mon père me surnommait son «Busy body» (bougillonne). A l’adolescence, on me surnommait joliment «la tornade blanche». Moi qui voulais tout découvrir, qui posais mille questions, qui passais d'une passion à une autre avec une énergie débordante, j'aurais probablement récolté quelques cases à cocher avant même d'avoir appris à les lire. Peut-être aurait-on évoqué un TDAH. Peut-être m'aurait-on proposé de ralentir à coup de pilules et de boîte de méthylphénidate (Ritaline) depuis mon plus jeune âge. Je bénis la vie d’être née en 1966 dans le giron de parents peu influencés par les effets de mode dans le monde médical.
Grâce à Dieu, cette hyperactivité, jamais diagnostiquée ni médicalisée, est devenue le moteur de toute mon existence. Elle m'a portée sur les routes du monde, dans les zones de guerre, les déserts, les montagnes, les salles de rédaction, les studios de télévision et les rencontres extraordinaires qui ont façonné ma vie. Ce qui aurait pu être perçu comme un défaut est devenu une formidable réserve d'élan vital. J'ai simplement eu la chance de grandir à une époque où l'on appelait cela… avoir du tempérament!

Bien sûr, tous les enfants ne suivent pas le même chemin. Certains souffrent réellement de leurs difficultés d'attention ou de leur impulsivité. D'autres ont besoin d'un accompagnement spécialisé. Mais il est dommage que notre premier réflexe consiste toujours à chercher ce qui dysfonctionne avant de découvrir ce qui cherche à éclore. Et à douter des ressources naturelles et innées en l’enfant pour se corriger de lui-même, à travers une rencontre salutaire ou une passion.
L’enfant Téflon de Daniel Kemp
Cette réflexion rejoint de manière étonnante l'intuition de Daniel Kemp (1957-1996) et de son célèbre «enfant Téflon». Brillant pédagogue, conférencier et auteur québécois, figure singulière du courant supramental et contemporain de Bernard de Montréal, il a consacré sa vie à explorer l'évolution de la conscience humaine et à transmettre des outils concrets pour développer l'autonomie intérieure.
Bien avant que les notions d'hypersensibilité, de neurodiversité ou d'enfants atypiques n'envahissent les librairies, ce pédagogue québécois a écrit un livre «Le syndrome de l'enfant Téflon», dans lequel il observait déjà l'émergence d'une génération qui semble glisser entre les doigts des anciens modèles éducatifs. Comme le Téflon auquel rien n'adhère, ces enfants résistent aux méthodes fondées sur la culpabilité, l'autorité verticale ou la peur. Ils questionnent spontanément les règles plutôt que de les accepter aveuglément. Ils supportent mal les incohérences des adultes mais se montrent d'une remarquable sensibilité à l'authenticité. Là où certains voient un problème de comportement, Daniel Kemp entrevoyait peut-être les prémices d'une évolution de la conscience auprès des jeunes générations.

Le risque d’aller contre les lois de l’intelligence de vie
Et si cette frénésie à traquer le moindre écart chez nos enfants, aussitôt suivi d'un diagnostic et, bien souvent, d'un traitement, n'avait pas aussi pour effet d'éteindre une génération qui aspire à sortir d'un système pervers et mortifère, comme l'évoque aussi depuis plusieurs années la psychologue Ariane Bilheran? Une génération qui pourrait précisément porter en elle les germes d'un monde plus vivant, plus libre et plus humain?
Ne serait-il pas utile de reprendre le pouls des équilibres naturels et des cycles du vivant, de la nature à l'évolution des cycles générationnels? La nature nous enseigne une sagesse que nous semblons avoir oubliée. Les saisons se succèdent, les forêts se régénèrent après les incendies, les fleuves retrouvent toujours leur lit et chaque génération apporte sa propre réponse aux excès de la précédente. L'histoire de l'humanité elle-même ressemble à une longue respiration, faite d'élans, de crises, de remises en question et de renaissances. Pourquoi en irait-il autrement de nos enfants?
Peut-être arrivent-ils au monde avec les qualités précisément nécessaires pour rééquilibrer les déséquilibres que nous leur léguons. Là où nous voyons parfois un tempérament déroutant, la vie prépare peut-être déjà les artisans d'un nouvel équilibre. Faire confiance à cette intelligence du vivant ne signifie pas renoncer à accompagner nos enfants lorsqu'ils souffrent, mais accepter qu'ils puissent aussi être les messagers d'une évolution de la conscience qui nous dépasse et nous invite, à notre tour, à grandir avec eux.
Le culte de la «victimite»
Un autre phénomène mérite d'être observé. Dans une société où la reconnaissance passe presque exclusivement par la souffrance, certains parents peuvent, parfois inconsciemment, finir par construire une partie de leur identité autour du diagnostic de leur enfant. Celui-ci apporte une explication, un soulagement, mais aussi une forme de légitimité. Nous nous définissons plus volontiers par ce qui ne fonctionne pas que par nos forces. Notre époque semble parfois valoriser davantage le statut de victime que la force de la résilience.
Reconnaître les blessures est indispensable, mais elles ne devraient jamais devenir une identité. Une société grandit lorsqu'elle célèbre aussi celles et ceux qui transforment leurs épreuves en force, trouvent leurs propres réponses et choisissent la souveraineté intérieure plutôt que de laisser leur passé définir leur avenir. Aujourd’hui, les victimes font la une des journaux au lieu de mettre en avant les individus qui subliment leurs épreuves ou leurs faiblesses.
Alors, si nous apprenions à regarder d'abord les talents, les ressources et la beauté d'une différence, avant de chercher à lui attribuer une étiquette? Au lieu de nous demander: «Quel est son trouble?», pourquoi ne pas commencer par nous interroger: « Quel est son talent? Quelle est la richesse de sa personnalité? Que cherche-t-il à exprimer que nous ne comprenons pas encore?»

Laisser s’exprimer, oui, mais cadrer aussi !
Cette réflexion ne doit pas non plus nous conduire à l'excès inverse. Valoriser la singularité d'un enfant ne signifie ni lui laisser se supprimer les seins à la puberté ou à se laisser pousser la barbe, exalté (voir endoctriné?) par l'idéologie transgenre, ni renoncer à l'éduquer, ni tout lui permettre. Grandir suppose aussi de rencontrer des limites, d'apprendre le respect, la frustration et le sens des responsabilités. Apprendre à se sentir bien dans son corps, avec le sexe dans lequel nous nous sommes incarnés. Exprimer son tempérament, sans devenir un enfant roi. La bienveillance n'est pas la permissivité.
On peut d'ailleurs se demander si certains comportements que nous qualifions aujourd'hui d'atypiques ne traduisent pas parfois, tout simplement, un manque de repères, de cadre ou de constance éducative. Ou une addition des jeunes aux réseaux sociaux, avec leur déferlement de modes abusives, quand elles ne sont pas perverses. Toute la difficulté consiste à trouver ce juste équilibre entre offrir à l'enfant des racines suffisamment solides pour qu'il puisse, un jour, déployer ses ailes sans lui faire perdre le respect de l'autre.
L'enjeu n'est évidemment pas de renoncer aux diagnostics lorsqu'ils sont nécessaires, ni de jeter l'opprobre sur les professionnels qui consacrent leur vie à soulager la souffrance psychique. Le but est peut-être plus humble, mais infiniment plus fécond: ne jamais oublier qu'avant d'être un dossier médical, un score sur une échelle clinique ou un acronyme inscrit dans un rapport, un enfant est d'abord une promesse. Une combinaison absolument inédite de sensibilités, de forces, de fragilités, d'intuitions et de possibles.

Car l'histoire de l'humanité n'a jamais été écrite par des êtres parfaitement calibrés. Elle l'a été par des femmes et des hommes qui dépassaient du cadre. Notre monde a souvent été bousculé par des tempéraments qui dérangeaient l'ordre établi, interrogeaient les évidences et refusaient les réponses toutes faites. Einstein détestait l'enseignement par cœur. Churchill exaspérait ses professeurs. Edison fut considéré comme incapable d'apprendre. Richard Branson voit aujourd'hui dans sa dyslexie l'une des clés de sa créativité et de son esprit d'entreprise, comme la chanteuse Zaz, dyslexique elle aussi, qui a bouleversé le Paleo Festival 2026 avec ses paroles pleines de sagesse.
Quant au champion olympique Michael Phelps, diagnostiqué TDAH durant son enfance, il raconte que le sport lui a permis de transformer son énergie débordante en une force exceptionnelle.
Plusieurs parcours qui rappellent qu'une singularité n'est pas nécessairement une faiblesse, mais peut devenir un formidable moteur de réussite. En voulant faire entrer les enfants au chausse-pied dans le moule sociétal, ne piétinons-nous pas, souvent avec les meilleures intentions, les graines de leur destinée la plus lumineuse?
Et si le véritable défi de notre époque n'était pas de fabriquer des enfants parfaitement adaptés au monde tel qu'il est, mais de préserver suffisamment leur singularité pour qu'ils aient, demain, l'audace de le transformer?




Merveilleux cet article> Et merci pour les references super interessantes. Personnellement j'ai toujours dit a ces enfants étiquetés "à probleme" qu'ils avaient un pouvoir magique que la plupart des adultes ne pouvaient ni voir ni comprendre ;) ☀️
Un immense bravo pour cet exposé si clair, si vrai, si complet. Merci pour la mise en avant de ces lectures, pour ce constat si bien établi… c’est un véritable chemin d’espoir 👌
Remarquable article d’une très belle sensibilité tout en étant extrêmement bien documenté.
Le sujet des enfants est rarement abordé alors qu’ils sont l’Avenir. Le sujet des disparités des personnalités, (ouh la!) est lâchement délaissé car, oui, il force à sortir du carton dans lequel la bien-pensance aimerait nous ranger pour que notre Avenir soit fade, non singulier et rasoir. En un mot: stérile. C’est très grave!
J’espère que nos enfants et leurs enfants auront suffisamment de force et de personnalité pour affirmer ce qu’ils sont: uniques et donc porteurs d’espoir et surtout de richesse intérieure.
Merci à vous,
Zoé
Je vous suis si reconnaissante Isabelle ! Vos articles mettent des mots sur mes ressentis et mes émotions. Quand je lis vos mots, cela résonne tellement en moi que ça me fait un bien fou. Merci pour ces réflexions d'une intelligence fine et qui redonnent vie à l'esprit humain. Merci pour toutes les découvertes merveilleuses que vous nous faites partager à travers "Planète Vagabonde". Et merci pour cet article, tellement bien écrit et qui mériterait d'être lu, avec beaucoup d'attention et de coeur par un maximum de personnes. Une grande partie de ce qui se fait aujourd'hui dans le but de "soigner" les humains est, à mon sens, profondément alarmant et désolant. Heureusement, il y a toujours une contrepartie. E…
Merci Isabelle pour cet excellent article. L'appât du gain doit être une des raisons de ces multiples diagnostics de pathologies souvent imaginaires: les visites régulières chez le pédiatre arrondissent son chiffre d'affaire ; la médication nourrit et l'industrie pharmaceutique et le pédiatre qui reçoit des retrocessions sous formes d''invitations à des congrès bidons ou autres. Mais peut-être aussi, comme vous l'évoquez, l'idée est de créer des êtres normés, de petits robots bien moulés qui resteront bien sagement dans les rails et avaleront sans piper mot toutes les inepties que leur serviront les puissants. Je crois malheureusement qu'on en est déjà là. Triste époque.